Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  le blog geodatas

le blog geodatas

Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Mozambique : charbon et développement ?

Publié par philippe piercy sur 24 Mars 2014, 21:54pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Un excellent dossier sur les effets contrastés d'un boom minier réalisé par la Deutsche Welle (service international de diffusion de l’Allemagne): http://www.dw.de/mozambique-charbon-et-d%C3%A9veloppement/a-16459080#

extraits:

Pendant longtemps, au Mozambique, Tete a fait figure de province oubliée. Mais la découverte d’énormes réserves de charbon a déclenché un boom minier qui attire des travailleurs en quête d’argent facile.

La mine de Moatize, gérée par le groupe brésilien Vale

À Tete, une sorte d'euphorie a gagné la population. Les habitants de cette capitale provinciale racontent volontiers que ces temps-ci, il y a plus de banques que de boulangeries, plus de banques que de pharmacies, plus de banques que de vendeurs de légumes... C'est un peu exagéré, mais cela montre bien que Tete change. Et vite. Il y a tout juste quelques années, la ville comptait quatre agences bancaires. En 2011, il y en avait déjà quinze.

Les revers:

Trop de promesses non tenues

Pour de nombreuses familles dont la maison était située au-dessus des gisements de charbon, ces mots font l'effet d'une mauvaise plaisanterie. Entre la fin 2009 et les premiers mois de 2010, plusieurs centaines d'entre elles ont en effet été déplacées de force.

En contrepartie, Vale a fait beaucoup de promesses : de nouvelles maisons, des emplois, des écoles et des hôpitaux, ainsi que de la nourriture gratuite. À l'heure actuelle, disent les déplacés, Vale n'a tenu quasiment aucun de ses engagements. Les familles vivent toujours à Cateme, une petite localité à 40 km de leur ville d'origine, Moatize.

Júlio Calengo vient régulièrement à Catame pour rencontrer les habitants. Il travaille pour la Ligue mozambicaine des droits de l'Homme. Au début de l'année, lors d'une manifestation, plusieurs déplacés ont été battus par la police puis arrêtés. C'est le cas de Gomes António Sopa, tabassé alors qu'il ne participait même pas au rassemblement. Ses blessures le démangent encore et il a mal lorsqu'il reste assis trop longemps.

Bloquer les convois de charbon

Le 10 janvier 2012, plusieurs centaines d'habitants avaient bloqué la ligne de chemin de fer qui permet de transporter du charbon depuis la mine de Moatize jusqu'au port de Beira, sur la côte de l'océan Indien. Ils voulaient attirer l'attention sur leur situation et sur les promesses non tenues de Vale. Ils n'ont obtenu aucune réponse.

Des tentes pour remplacer les maisons des déplacés de Catame

Gomes António Sopa affirme que Vale avait promis aux déplacés qu'ils auraient un emploi dans une entreprise de construction. Mais personne n'a été embauché. Beaucoup n'ont pas l'électricité. Et ils n'ont bénéficié que pendant un an des denrées alimentaires promises pour cinq ans.

Les nouvelles habitations construites à Cateme sont déjà en mauvais état. Il y a des fissures dans les murs et quand il pleut, la toiture laisse passer la pluie. Il est question de les rénover. D'ores et déjà, un peu partout à Cateme, des tentes ont été installées pour loger les habitants pendant les travaux.

Mozambique : charbon et développement ?

Commenter cet article

Archives

Articles récents