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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Grameen Bank et Danone, finances et Aide publique au développement

Publié par philippe piercy sur 29 Septembre 2014, 15:53pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

A l'occasion de la nomination du nouveau PDG de Danone, son portrait dans Le Monde daté du 30/9 : ancien banquier et auteur d'un pamphlet contre la finance prédatrice.

(Extrait à lire ci après).

sans donner dans le portrait édifiant on peut considérer que l'investissement en Afrique qui est évoqué à la fin (comme avant d'ailleurs les liens de Danone avec la Grameen Bank; cf http://irene.essec.edu/CODEV-entreprises-et-developpement/recherche/etude-d-un-cas-de-social-business-le-projet-de-grameen-danone-au-bangladesh ou bien un texte bien altermondialiste: http://www.youphil.com/fr/article/03586-muhammad-yunus-grameen-bank-tourmente?ypcli=ano) montre la différence entre stratégie de firme, concentration, transnationalisation, conquête de marché.... et "financiarisation" au sens strict, soit des investissements de court terme ou du moins dans une optique de profits élevés, rapides, au service d'intérêts situés ailleurs et très loin du lieu d'investissement. On peut d'ailleurs citer aussi ce même grand patron en Juillet 2014 sur l'aide publique au développement et ses modèles alternatifs notamment en termes d'instruments financiers innovants:

Extrait du Monde du 11/7/2014:

"Nous refaisons un constat, qui est en vérité consensuel : le modèle d'aide publique au développement est à bout de souffle. D'abord en raison des montants, qui sont désormais inférieurs à ceux des transferts d'argent par les migrants, et risquent de devenir marginaux. Mais aussi parce que l'aide publique au développement passe en très grande partie d'Etat à Etat. L'expérience montre que dans bien des cas, cette formule n'est pas le moyen le plus efficace pour que l'argent bénéficie aux acteurs de terrain. Enfin, pour protéger ses marges budgétaires, l'Etat finit par limiter au maximum les risques qu'il prend dans l'aide au développement. Pour son avenir, il est impératif que l'aide publique ait un impact plus qualitatif, plus catalytique, plus durable.

Notre proposition est de partir d'un postulat : chacun est acteur de son propre développement. Il faut sortir d'une logique d'aide souveraine pour aller vers l'accompagnement des coalitions d'acteurs susceptibles d'avoir un vrai impact sur le terrain. Nous proposons aussi d'utiliser, à cette nouvelle échelle, de vrais outils de mesure de l'impact de l'aide, afin de pouvoir attirer des investisseurs sociaux (fondations privées ou publiques, agences souveraines) avec des outils très innovants, comme les development impact bonds, un système inventé en Grande Bretagne par Sir Ronald Cohen, qui déclenche le paiement en fonction des résultats. Il faut en effet faire en sorte que l'argent de plus en plus rare des contribuables des pays de l'OCDE soit utilisé si et seulement s'il est vraiment efficace.

Vous pensez qu'il faut faire table rase des mécanismes actuels ?

Non. Nos propositions n'ont pas vocation à remplacer des outils qui existent. Ils ont tissé des relations institutionnelles et diplomatiques qui ont leur importance. Mais on peut imaginer par exemple que 10% des engagements de l'Agence française de développement (AFD), qui sont d'environ 7 milliards d'euros, soient consacrés au financement d'une économie inclusive, dans une logique d'innovation. Nous donnons des dizaines d'exemples de projets qui fonctionnent, comme la replantation de mangrove et de palétuviers au Sénégal ou en Asie, en Inde, en Indonésie, financée par les crédits carbone. Ce sont des dizaines de millions d'arbres plantés, des milliers de tonnes de poisson qui reviennent, des milliers de villages qui vivent mieux. Le secteur privé et les ONGs portent ces coalitions, en assumant la totalité des risques inhérents à ces modèles. Nous proposons que les pouvoirs publics modifient leurs modes d'intervention pour encourager ces nouvelles approches : en introduisant du paiement au résultat, en co-investissant dans des fonds qui financent ces projets d'économie inclusive, en soutenant des coalitions d'acteurs sur des solutions concrètes."

Extrait du Monde du 29/9/2014:

" Ce sont pourtant ses talents de financier, de négociateur et sa vision stratégique qui l'ont fait entrer chez Danone. Il y sera directeur financier, puis, en 2005, directeur de l'Asie, à Shanghaï, où il négocie la rupture avec le partenaire chinois Wahaha, avant d'être nommé directeur général délégué en 2008.

Il n'a jamais caché ses engagements, sa foi, ses valeurs. A 26 ans, banquier d'affaires chez Baring Brothers à Londres, il publie un pamphlet contre le monde de la finance, Main basse sur la Cité (Hachette, 1992), qu'il aurait préféré titrer OPA sur la morale. Il y fustige, avec une colère qu'il dit parfois regretter, la « barbarie » d'un monde économique qui ne pense qu'à l'argent tout en se rachetant une conscience avec de bonnes oeuvres.

Il constate l'impasse : « Soit l'action mène est morale en soi, écrit-il, et elle lèse forcément l'une des composantes actionnariale, salariale ou gestionnaire de l'entreprise, puisqu'elle détourne des ressources (du temps et de l'argent) à leur détriment ; soit l'une de ces composantes trouve un intérêt dans cette action qui n'a de la vertu que l'apparence, et alors la finalité n'en est plus morale. »

Cette tension entre l'être et l'avoir, entre la liberté et la contrainte de la « shareholder value » a forgé un personnage complexe, tourmenté, mais qui semble toujours venir à bout de ses contradictions, très organisé, trouvant le temps pour la montagne, le piano et l'écriture, ses passions.

INNOVATION SOCIALE ET CODÉVELOPPEMENT

« D'autres patrons font du social, mais aucun n'intègre autant le social au modèle de l'entreprise, dit de lui son ami Martin Hirsch, ancien haut-commissaire aux solidarités actives du gouvernement Fillon. Il n'est pas schizophrène. J'en veux pour preuve qu'il n'a jamais caché ses aspirations sociales afin de faciliter son ascension. »

Au contraire, M. Faber les a revendiquées dans un autoportrait évoquant ses doutes, sa quête du « sens de la vie » et ses expériences dans Chemins de traverse, vivre l'économie autrement (Albin Michel, 2011). Un texte dont l'auteur admet qu'il avait l'avantage de faire savoir à ceux qui envisageraient de lui donner plus de responsabilités à qui ils avaient affaire.

Le livre s'ouvre sur sa découverte de la foi, du « mystère du divin », à l'âge de 10 ans, sur une piste de ski à Champsaur (Hautes-Alpes). Il se termine, à la demande de l'éditeur, sur la question, sensible pour lui, de l'argent. « Ce serait plus simple d'en avoir moins », dit-il. Selon les données rendues publiques par Danone, ses revenus se sont élevés à près de 4 millions d'euros en 2012.

« Comme les lois du marché ne suffisent pas à justifier cette somme, je ne m'en sens pas propriétaire », dit-il en citant André Gide : « Tout ce que tu ne sais pas donner te possède. » Si bien qu'après une discussion avec ses trois enfants sur la question de l'héritage, auquel il se dit « assez opposé », un fonds de dotation est créé en 2012 pour des actions philanthropiques.

Mais le cœur de cet ouvrage, c'est l'innovation sociale, le codéveloppement, son passage au forum social de Belem (Brésil), en 2009, ses deux séjours dans une maison de mourants de Mère Teresa à Delhi et ses vendredis après-midi pendant deux ans passés à accompagner des malades dans un centre de soins palliatifs de Puteaux. Toutes ces valeurs « douces » que M. Faber veut inscrire au coeur de la stratégie de Danone, afin de se démarquer de ses concurrents – en particulier Nestlé.

GRAND RÉSEAU PARMI LES ACTEURS DU DÉVELOPPEMENT

Au fil du temps, il est devenu, dans le groupe, celui qui possède le plus grand réseau dans les affaires et parmi les acteurs du développement. « Chez Danone, j'ai souvent le nez dehors », avouait-il au Monde en juin. Il venait de remettre, avec le syndicaliste sud-africain Jay Naidoo, un rapport décapant au ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, sur l'échec de l'aide au développement. Il y plaidait pour que Paris fasse de l'Afrique sa priorité autour de cinq thèmes : les femmes dans le développement, la formation des jeunes, l'agriculture familiale, la gestion urbaine et les modèles énergétiques à faible intensité carbone.

Là encore, ses convictions semblent épouser la stratégie de Danone, qui a investi depuis 2012 près de 1 milliard d'euros en Afrique avec l'acquisition de 49 % de Fan Milk au Ghana, la prise de contrôle de Centrale laitière au Maroc et 40 % du kenyan Brookside, qui collecte le lait de 150 000 petits éleveurs. "

sans donner dans le portrait édifiant on peut considérer que l'investissement en Afrique qui est évoqué à la fin (comme avant d'ailleurs les liens de Danone avec la Grameen Bank; cf http://irene.essec.edu/CODEV-entreprises-et-developpement/recherche/etude-d-un-cas-de-social-business-le-projet-de-grameen-danone-au-bangladesh ou bien un texte bien altermondialiste: http://www.youphil.com/fr/article/03586-muhammad-yunus-grameen-bank-tourmente?ypcli=ano) montre la différence entre stratégie de firme, concentration, transnationalisation, conquête de marché.... et "financiarisation" au sens strict, soit des investissements de court terme ou du moins dans une optique de profits élevés, rapides, au service d'intérêts situés ailleurs et très loin du lieu d'investissement.

Grameen Bank et Danone, finances et Aide publique au développement
Grameen Bank et Danone, finances et Aide publique au développement

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