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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


La finance de l'ombre est au cœur de la crise actuelle

Publié par philippe piercy sur 6 Octobre 2014, 10:42am

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Pour avoir un bon aperçu du shadow-banking:

http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/dossier/B2012-M-Shadow_banking_une_activite_a_risque_pas_assez_reglemente/shadow-banking-une-activite-a-risque-pas-assez-reglementee-822322.php

aperçu:

Les experts pointent ainsi du doigt les intervenants du shadow banking. Qui sont-ils ? Quels risques font-ils courir à la planète ? Faut-il les réglementer, et comment ? Voici les questions essentielles auxquelles ce dossier a pour but de répondre.

Qu’est-ce que le shadow banking ?

La définition est simple : toutes les activités d’intermédiation de crédit qui prennent place hors du système bancaire régulé. Cette définition de la Banque centrale européenne (BCE) est admise par le plus grand nombre. Elle prend en compte toutes les opérations de crédit sous la forme d’une transformation de maturité ou de liquidité. Certains acteurs n’utilisent pas le terme de shadow qui, en français, donne une connotation péjorative d’activités « cachées ». Olivier Garnier, chef économiste du groupe Société Générale, préfère le terme de « système bancaire parallèle ».

Quels sont les acteurs ?

Les intervenants sont multiples. « Il faut distinguer les institutions financières non bancaires mais qui ne font pas de shadow banking (par exemple, les assureurs et les fonds de pensions) de celles qui font de la transformation de maturités et créent des placements liquides assez proches des dépôts bancaires [donc dans le champ de la finance parallèle] », souligne l’économiste.

La finance parallèle passe par quatre types d’activités : la titrisation, les fonds monétaires américains, les hedge funds et les repo market. Explications : la mécanique de la titrisation est connue du grand public depuis la crise financière, mais toute cette activité ne peut être considérée comme de la finance bancaire parallèle. Ainsi, la titrisation réalisée par les banques et conservée dans leurs bilans est exclue du périmètre du shadow banking.

voir aussi:

http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2011/09/15/la-finance-de-l-ombre-est-au-c-ur-de-la-crise-actuelle_1572632_3234.html

par Marc Roche, auteur des "banksters, voyage chez mes amis capitalistes":

"Le grand danger qui nous guette, ce sont les banquiers de l'ombre, une soupe de structures, d'entités et d'intermédiaires hors des circuits traditionnels." Alors que les nuages de la tourmente financière des subprimes s'accumulent, en août 2007, Paul McCulley, à l'époque économiste en chef de Pimco, le premier fonds obligataire au monde, affirme que les "non banques", en raison de leur taille, alimentent les bulles et aggravent les crises.

A l'écouter, hedge funds, firmes de capital-investissement, banques d'affaires, agences de notation, spéculateurs sur les matières premières, chambres de compensation ou sociétés hors bilan créent un risque systémique en raison de la faiblesse de la surveillance.

Le concept de "shadow banking" (finance de l'ombre) est né mais personne alors n'y prête attention. Qui peut imaginer que ces circuits parallèles joueront un rôle de premier plan en 2008 dans la crise financière tout comme aujourd'hui dans la crise de l'euro, des dettes souveraines et des banques ? Tel n'est pas le moindre paradoxe, les protagonistes du tsunami actuel appartiennent à la fois au pôle réglementé et à la sphère invisible échappant à tout contrôle dénoncée par M. McCulley.

Les agences de notation d'abord, dont le métier consiste à évaluer la solvabilité des titres de créance émis par les Etats, les entreprises ou les collectivités locales. En théorie, la finance de l'ombre ne concerne pas la "bande des trois" (Standard&Poor's, Moody's, Fitch) appréciant la probabilité qu'une émission spécifique d'obligations sera honorée.

Et pourtant les conflits d'intérêts sont intrinsèques à ce cartel. Les émetteurs paient les agences pour être notés. Ensuite, la course folle qu'elles mènent de nos jours à la dégradation des Etats les plus fragiles a mis de l'huile sur le feu en accélérant le mouvement. Les banques universelles, enfin, qui offrent toute la palette des services financiers, à commencer par les activités de détail et les opérations spéculatives de trading.

DYSFONCTIONNEMENTS

La dégradation par Moody's de la note de la Société générale et du Crédit agricole a souligné les dysfonctionnements de ces mastodontes "too big to fail" (trop gros pour faire faillite) et les menaces de krach qui y sont associés. A l'instar de leurs consœurs, ces banques ont fait notamment une arme financière des assurances, les fameux CDS, destinées à se protéger de l'impact de la faillite d'un pays. Certains des Etats en difficulté comme la Grèce ou l'Italie ont eu recours à des banques d'affaires pour maquiller les comptes publics, dont on mesure aujourd'hui les conséquences pour la zone euro.

Il en est de même des hedge funds. Aux Etats-Unis, où sont installés 80% de ces fonds spéculatifs, et en Asie, leur réglementation est inexistante. Si la déroute de l'euro repose sur des fondamentaux, les hedge funds, qui agissent en meute, ont accentué sa chute. De plus, ces entités qui investissent l'argent de leurs clients en leur garantissant des rendements plus élevés que la gestion de patrimoine traditionnelle sont toutes immatriculées dans des paradis fiscaux.

Or, comme dans le cas de la crise des subprimes de 2008, les zones off shore, véritables "trous noirs" de l'économie mondiale, représentent un facteur de déstabilisation de l'économie mondiale. Les Etats en sont grandement responsables, eux qui ont torpillé toutes les tentatives du G20 à les combattre.

Et pour cause, les pays européens en difficulté disposent de leurs propres paradis fiscaux, une arrière-cour qui leur permet de brouiller les pistes: l'Irlande a Dublin; la Grèce, Chypre; le Portugal, les Açores; l'Espagne, Andorre; l'Italie, Monaco et ainsi de suite. Pour leur part, les Etats-Unis (le Delaware) et le Royaume-Uni (îles anglo-normandes, Caïmans, Dubaï)… se servent de ces centres financiers peu ou prou régulés pour alimenter Wall Street et la City en capitaux "baladeurs".

La protection des zones off shore, les relations incestueuses entre classe politique et banquiers ainsi que la faiblesse des contre-pouvoirs (actionnaires, médias, ONG, analystes) expliquent qu'aujourd'hui le "shadow banking" opaque et spéculatif joue à armes égales avec le côté réglementé de la finance.

Marc Roche 2011

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