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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Les Chinois aspirent à l’air pur

Publié par philippe piercy sur 5 Septembre 2015, 21:12pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Jour de smog à Pékin, le 23 juin. AFP

Jour de smog à Pékin, le 23 juin. AFP

Un article développé dans Le Monde sur les mouvements sociaux et les réponses législatives, leurs réalités et leurs limites quant aux atteintes environnementales et sanitaires; http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2015/09/03/les-chinois-aspirent-a-l-air-pur_4745196_3244.html

cet article peut être mis utilement en rapport avec le documentaire "Sous le dôme", qu'il évoque d'ailleurs, et qui est visionnable par le lien https://www.youtube.com/watch?v=ZS9qSjflwck&feature=youtu.be (A 39 ans, sa réalisatrice, Chai Jing est devenue en Chine, au printemps, le symbole de la « guerre entre l’humanité et la pollution ». Pour arme, cette ancienne journaliste d’investigation de la télévision publique a choisi un documentaire d’une heure quarante minutes : Sous le dôme, enquête sur le smog chinois, un travail inspiré, dans la forme, d’Une vérité qui ­dérange (2006), de Davis Guggenheim, avec l’ancien vice-président américain Al Gore. ­Financé sur ses propres deniers et diffusé sur le Net, Sous le dôme a été vu par plus de 100 millions d’internautes et abondamment commenté sur les réseaux sociaux.

extraits de l'article:

Cette interrogation écologique peut prendre la forme d’une contestation publique. De plus en plus, certains habitants descendent dans la rue, même si aucun chiffre officiel sur ce type de mobilisations n’est disponible. Cet activisme est facilité par la popularisation des réseaux sociaux, qui permettent de faire circuler plus facilement l’information. « Ce qu’on peut dire avec certitude, c’est que le degré d’attention du public pour les manifestations liées à l’environnement s’est accru ces dernières années, en particulier pour la série de protestations de grande ampleur contre des projets pétrochimiques soutenus par l’Etat, relève Christoph Steinhardt, politologue à l’université chinoise de Hongkong. Le véritable tournant a été la manifestation de 2007 à Xiamen. »

Depuis, plusieurs autres grandes villes ont été le théâtre de rassemblements contre des projets de construction d’usine de paraxylène (PX), un produit chimique nocif pour la santé. En 2013, c’était le tour de Kunming, au sud-ouest de la Chine, surnommée la « ville du printemps éternel » pour sa douceur de vivre et sa température toujours clémente. Un journaliste de la télévision locale avait lancé un cri du cœur sur son compte Weibo, l’équivalent chinois de Twitter : « Si on construit cette usine, il n’y aura plus de ciel bleu, de nuages blancs, d’eau pure, de montagnes vertes, plus jamais d’air pur ni de soleil éclatant ! »

« Guerre à la pollution »

Le PCC n’est pas resté inactif : il s’est adapté et a placé au rang de priorité les préoccupations environnementales et la transition vers un modèle économique moins avide d’énergies fossiles, en particulier de charbon. « Globalement, les dirigeants ont acquis une conscience aiguë du problème écologique, et la société civile davantage encore », confirme le sinologue Benoît Vermander, professeur à la faculté de philosophie de l’université Fudan, à Shanghaï.

Répondant, en mars, lors de la session parlementaire annuelle, à une question sur le documentaire de Chai Jing, le premier ministre Li Keqiang s’était déclaré déterminé à « combattre le smog et, de manière plus générale, les atteintes à l’environnement ».

(...)

pour le politologue Christoph Steinhardt, si ces aspirations ne présentent pas « une menace immédiate pour la stabilité du régime, c’est un défi plus grave sur le long terme ». Un défi auquel le PCC devra répondre.

Par ailleurs, les protestations ne sont pas les seuls moyens d’expression lorsqu’il est question d’écologie en Chine. « Il est important de se rappeler que ces manifestations ne sont qu’un moment précis dans une histoire de la société civile plus ancienne et plus complexe qu’on ne le croit, souligne Anna Lora-Wain­wright, professeure associée à l’université d’Oxford et auteure de Fighting for Breath (University of Hawaii Press, 2013, non traduit), un livre sur les « villages du cancer » en Chine. Les liens entre les populations, les entreprises et les gouvernements locaux existent depuis longtemps. Cela peut également impliquer des négociations directes entre les différents acteurs, des pétitions, des appels aux médias et aux organisations de la société civile et parfois des plaintes en justice. »

De nombreuses lois ont été adaptées ces dernières années pour réprimer les atteintes à l’environnement ou fixer des normes plus restrictives aux entreprises. Les entreprises deviennent également des acteurs importants depuis les directives de 2007 sur l’application de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE), qui exigent qu’elles rendent des comptes. « Le tremblement de terre de Wenchuan, en mai 2008, a accéléré la demande [de la part de la société] d’implication des entreprises dans la philanthropie et la responsabilité sociale », souligne Benoît Vermander. Les engagements pour la COP21 du premier pollueur mondial sont également encourageants.

Dialectique diabolique

Reste que, si la Chine est de plus en plus un Etat de lois, elle est loin d’être un Etat de droit au sens occidental. L’application législative est déficiente. Et les limites des promesses du pouvoir communiste résident également dans sa tendance à craindre, voire à réprimer, toute expression indépendante. Pour M. Vermander, « une gestion efficace et convaincante des problèmes passera par une place plus large donnée aux associations locales, un contrôle sévère ou un démantèlement partiel des grandes entreprises d’Etat, une politique énergétique cohérente, la lutte contre la corruption locale, la mise en œuvre de clairs impératifs de RSE, et une politique urbaine qui favorise la création de “villes compactes” pas seulement sur le papier mais dans les réalisations concrètes ». Tout cela est loin d’être gagné : sous le mandat de Xi Jinping, le PCC a resserré son contrôle sur la société, réprimant les ONG, les défenseurs des droits civiques et les avocats trouble-fête.

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