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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Ralentissement en Chine : quels effets sur l'économie mondiale ?

Publié par philippe piercy sur 24 Octobre 2015, 13:07pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Par le lien: http://www.franceculture.fr/emission-l-economie-en-questions-ralentissement-en-chine-quels-effets-sur-l-economie-mondiale-2015-1

Une bonne mise au point d'une demi-heure sur:

-à la fois le ralentissement de l'économie, sous -évalué par les chiffres officiels, correspondant à un tournant , depuis 2009, dans le modèle économique porté par les exportations, les capacités financières diminuées de la Chine, sur les enjeux de la bulle financière et de l'endettement considérable de tous les acteurs (banques, collectivités, entreprises), le coût élevé des mesures anti-krach boursier de l'été dernier

-et les effets possibles dans le monde de ce ralentissement, notamment par la baisse de la demande de matières premières, dans des pays très dépendants de leurs exportations, en Afrique (25% des exportations se font vers la Chine, contre 5% en 2000), en Amérique du Sud.

- Enfin sur les effets indirects par le biais des investissements chinois dans le monde de leur ralentissement éventuel; éventualité tempérée par les capacités encore considérables de financement, la croissance très supérieure à celle des autres émergents, en récession pour certains (Brésil, Russie), et aux intérêts géopolitiques de la Chine qui rendent durables sa présence en Afrique, en Asie centrale.. Les gigantesques investissements dans les infrastructures (au Congo notamment, 10MM de dollars pour le chemin de fer surtout) en témoignent, de même que l'arrivée de firmes non publiques à l'étranger, bien plus déconnectées des choix gouvernementaux.

On peut se référer aussi à l'article du Monde du 10/8/2015 (Le commerce extérieur chinois ralentit à son tour)

(http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2015/08/10/le-commerce-exterieur-chinois-ralentit-a-son-tour_4719167_3234.html)

dont voici quelques extraits:

Selon les statistiques publiées, samedi 8 août, par les douanes chinoises, les exportations de la Chine au reste du monde ont chuté de 8,3 % en juillet, comparées au même mois de 2014, un recul bien plus net que le 1,5 % de baisse déjà enregistré en juin. De plus, les achats de la Chine à l’étranger chutent également, de 8,1 % sur un an, signe de la baisse du coût des matières premières, mais aussi de la morosité de sa propre demande.

La faiblesse du marché intérieur accentue la pression sur Pékin, appelé à faire davantage pour stimuler l’économie après déjà quatre baisses des taux directeurs de la Banque centrale depuis le mois de novembre 2014, accompagnées d’une série de mesures de relance par l’investissement dans les infrastructures. La demande ne s’est pas stabilisée pour l’heure, comme l’illustrent les prix au sortir des usines et mines du pays, qui chutent de 5,4 % sur un an, un plus bas depuis octobre 2009 après quarante et un mois de déclin.

La Chine paye en partie l’appréciation du yuan, qui affecte la compétitivité de ses ventes à l’étranger, au profit par exemple de l’Asie du Sud-Est, même si la chaîne d’approvisionnement et l’expérience chinoises la protègent encore d’un basculement radical. Au cours du seul mois de juillet, le renminbi a gagné 1,9 % contre l’euro et 1,1 % contre le yen. La politique de Pékin visant à laisser sa monnaie s’apprécier face aux grandes devises afin d’appuyer la consommation intérieure suscite le mécontentement des entrepreneurs qui ont fondé leur modèle sur les exportations bon marché et se sentent abandonnés par le pouvoir. Les livraisons de la Chine aux trois plus importantes régions développées que sont les Etats-Unis, l’Union européenne et le Japon ont chuté de 7,8 % sur un an.

Ces chiffres se traduisent de manière concrète, dans la province du Guangdong, dans le sud-est du pays, région souvent qualifiée d’usine du monde. Dans la cité-usine de Dongguan, des centaines d’ouvriers travaillant chez un fournisseur de Mattel, le leader américain du jouet, ont protesté du lundi 3 au jeudi 6 août, après avoir entendu dire que leur patron avait pris la fuite et que l’usine, gérée par un groupe de Hongkong, Ever Force, allait fermer. Ils exigeaient le paiement de trois mois de salaire. Les ouvriers, dont une vingtaine ont été détenus, ont expliqué à l’organisation de défense des droits des travailleurs China Labor Watch avoir tenté sans succès de saisir la presse locale et le syndicat officiel, le seul toléré en Chine.

Pour mettre fin au conflit, outre la répression, l’administration de Dongguan s’est engagée à régler elle-même 90 % des salaires. Indication du lien direct qui existe entre ralentissement économique et hausse du mécontentement social, une autre association, China Labour Bulletin, relève 1 223 grèves et autres formes de protestation de travailleurs sur les six premiers mois de l’année 2015, tandis qu’elle en constatait 437 sur la même période en 2014.

En novembre 2013, un an après son arrivée à la tête du Parti communiste, Xi Jinping s’était engagé en particulier à accélérer la réforme des entreprises d’Etat. A part la campagne anticorruption au cours de laquelle sont tombés nombre de dirigeants de groupes étatiques, surtout issus de factions opposées au président, et la fusion de deux constructeurs de trains, l’appareil industriel aux mains de Pékin n’a pour l’heure pas subi de grands changements sous M. Xi. Sa capacité à moderniser cet outil demeure un point d’interrogation majeur.

L’industrie lourde, pilier historique, est également en plein marasme. La crise qu’a traversée le marché immobilier chinois et le ralentissement du PIB ont placé les hauts-fourneaux dans l’impasse. Les officiels locaux doivent à tout prix maintenir le niveau de l’emploi, tout en faisant fermer les centrales au charbon et usines de sidérurgie trop polluantes, à l’heure où la qualité de l’air est devenue une préoccupation majeure.

Pour tenter de se débarrasser de ses inventaires, la métallurgie chinoise brade les prix, de sorte que ce secteur d’exportation est l’un des rares à progresser. La Chine produit la moitié de l’acier de la planète et exporte l’équivalent de l’ensemble de la production du Japon, deuxième acteur mondial.

Ralentissement en Chine : quels effets sur l'économie mondiale ?

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