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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Chine : sanglante opération « antiterroriste » au Xinjiang

Publié par philippe piercy sur 21 Novembre 2015, 18:35pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Dans Le Monde du 22/11 (http://abonnes.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2015/11/21/chine-sanglante-operation-antiterroriste-au-xinjiang_4814857_3216.html)

analyse d'une violente opération au Xinjiang; extraits:

Les autorités chinoises ont révélé vendredi 20 novembre la mort de « 28 terroristes » dans une vaste opération policière lancée après l’attaque d’une mine de charbon, qui aurait fait 16 victimes le 18 septembre dans le sud de la région autonome ouïgoure du Xinjiang, aux confins de l’Asie centrale. L’information a été publiée sur Tianshanwang, le site officiel du gouvernement du Xinjiang, accompagnée de photos des troupes spéciales chinoises au cours de la traque des « terroristes », qui aurait duré cinquante-six jours.

(...)

Le Xinjiang connaît une escalade des tensions entre la population ouïgoure autochtone, turcophone et musulmane, et l’administration sino-communiste, ainsi que les migrants han (l’ethnie principale en Chine) venus du reste de la Chine. Pékin y combat, tambour battant, les « trois fléaux du séparatisme, de l’extrémisme et du terrorisme » en encadrant sans ménagement les pratiques religieuses et en menant des campagnes antiterroristes souvent brutales et peu ciblées.

Black-out total

Le sud du Xinjiang, où les Ouïgours forment la majorité de la population, est ainsi devenu le théâtre de troubles récurrents, qui vont de l’attaque de commissariat aux assassinats de migrants han, souvent tus par les autorités de crainte de décourager l’installation de Chinois de l’intérieur, mais aussi d’attiser un peu plus, chez les Chinois, le sentiment anti-ouïgour, déjà exacerbé par les attentats-suicides de Kunming et Urumqi en 2014.

Le black-out total dont a fait l’objet, jusqu’à aujourd’hui, l’incident du 18 septembre, révélé à l’époque par le service en ouïgour de la radio américaine Radio Free Asia (RFA), mais jamais confirmé par les autorités chinoises, laisse penser qu’il touche une corde sensible. Selon RFA, qui citait une estimation de 50 morts donnée par des cadres locaux, l’attaque a été perpétrée au couteau contre le personnel han de la mine de Sogan, située dans la préfecture d’Aksu, au nord de Kachgar. Celle-ci emploierait 300 mineurs, en grande majorité originaires de provinces chinoises. Cinq policiers venus les défendre ont péri quand les assaillants ont percuté leurs véhicules avec des camions remplis de charbon.

Les témoins, des policiers ou des cadres ouïgours joints au téléphone par les journalistes de RFA évoquent un acte de vengeance de la part d’un groupe d’habitants des environs. Les trois organisateurs identifiés – dont les noms ont été confirmés par Tianshanwang – sont des personnalités locales ouïgoures, à la tête de familles nombreuses et connues pour leur attachement aux traditions et à l’islam. Elles auraient, selon RFA, agi en représailles du harcèlement dont elles auraient été la cible par les cadres locaux, qui ont mené récemment des campagnes contre les « signes religieux extrémistes » : décourager les femmes à porter le voile et les jeunes à observer le ramadan – qui au Xinjiang ont l’interdiction d’aller à la mosquée, même accompagnés.

Si la pratique de l’islam est tolérée au Xinjiang, mais encadrée de près par le Parti communiste chinois, les mesures de plus en plus intrusives adoptées vis-à-vis de la population lors de ces campagnes censées faire la chasse au fondamentalisme ont conduit à de multiples incidents ces dernières années, qui dégénèrent alors en violences, souvent matées par les forces spéciales chinoises.

Près de deux mois après l’attaque de la mine de Sogan, de très nombreuses zones d’ombre persistent, non seulement sur l’incident du 18 septembre, mais aussi sur la liquidation des 28 terroristes présumés telle qu’elle a été annoncée par le gouvernement chinois : selon RFA, les trois organisateurs de l’attaque avaient pris la fuite dans les montagnes en direction du Kirghizistan voisin avec l’intégralité de leurs familles, qui auraient été massacrées, femmes et enfants compris, après s’être réfugiées dans une grotte à laquelle la police chinoise aurait donné l’assaut le 12 novembre.

(...) Déjà, les incohérences des informations officielles, et l’éventualité d’une bavure, alimentent les rumeurs en Chine, mais surtout au Xinjiang, où la défiance envers la parole officielle est extrême.

the coal mine Sogan in Aksu, the northwestern province of Xinjiang

the coal mine Sogan in Aksu, the northwestern province of Xinjiang

Le 25 septembre, Yu Zhengcheng, n°4 du régime, était à Urumqi au cimetière national de la ville. A sa droite Zhang Chunxian (62 ans) secrétaire du Parti du Xinjiang depuis 2010. A sa gauche, Madame Liu Yandong (70 ans), vice-premier ministre, membre du bureau politique présidente du groupe dirigeant pour la réforme de la santé. A la gauche de Liu on distingue Nur Bekri (54 ans), secrétaire général adjoint de la province appartenant à l’ethnie ouïghour. La communauté ouïghour en exil l’accuse de se laisser manipuler par Pékin. Il est le seul ouïghour membre du Comité Central depuis 2012.  Les 25 et 26 septembre, à l’occasion du 60e anniversaire de la fondation de la région autonome du Xinjiang, Yu Zhengsheng n°4 du régime, en charge des religions et des groupes ethniques était à Urumqi où il a rendu hommage aux martyrs de la révolution et visité l’institut de théologie islamique où il a indiqué que la population bénéficiait d’une grande liberté religieuse. Il a également rappelé les efforts accomplis par Pékin pour développer la région. Mais, dans une allocution diffusée par la télévision d’État, il a également exhorté les responsables locaux à ne pas baisser la garde et à reconnaître que la région était confrontée à de sérieux défis de sécurité. Sans ambiguïté il a reprécisé que le pouvoir pourchassera sans faiblir les auteurs d’agressions terroristes.  L’avertissement venait une semaine exactement après une violente attaque terroriste conduite le 18 septembre à l’arme blanche par des Ouïghours (source: http://www.questionchine.net/grave-attentat-dans-une-mine-de-charbon-d-aksu )

Le 25 septembre, Yu Zhengcheng, n°4 du régime, était à Urumqi au cimetière national de la ville. A sa droite Zhang Chunxian (62 ans) secrétaire du Parti du Xinjiang depuis 2010. A sa gauche, Madame Liu Yandong (70 ans), vice-premier ministre, membre du bureau politique présidente du groupe dirigeant pour la réforme de la santé. A la gauche de Liu on distingue Nur Bekri (54 ans), secrétaire général adjoint de la province appartenant à l’ethnie ouïghour. La communauté ouïghour en exil l’accuse de se laisser manipuler par Pékin. Il est le seul ouïghour membre du Comité Central depuis 2012. Les 25 et 26 septembre, à l’occasion du 60e anniversaire de la fondation de la région autonome du Xinjiang, Yu Zhengsheng n°4 du régime, en charge des religions et des groupes ethniques était à Urumqi où il a rendu hommage aux martyrs de la révolution et visité l’institut de théologie islamique où il a indiqué que la population bénéficiait d’une grande liberté religieuse. Il a également rappelé les efforts accomplis par Pékin pour développer la région. Mais, dans une allocution diffusée par la télévision d’État, il a également exhorté les responsables locaux à ne pas baisser la garde et à reconnaître que la région était confrontée à de sérieux défis de sécurité. Sans ambiguïté il a reprécisé que le pouvoir pourchassera sans faiblir les auteurs d’agressions terroristes. L’avertissement venait une semaine exactement après une violente attaque terroriste conduite le 18 septembre à l’arme blanche par des Ouïghours (source: http://www.questionchine.net/grave-attentat-dans-une-mine-de-charbon-d-aksu )

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