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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


dans Le Monde du 20/11: Pékin défend sa politique en mer de Chine

Publié par philippe piercy sur 19 Novembre 2015, 16:51pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

dans Le Monde du 20/11:  Pékin défend sa politique en mer de Chine

Extraits:

A Manille, la Chine n'est pas à la fête : (...). 21 pays sont conviés à ce sommet à tiroirs entre les continents asiatique et américain, où se succèdent les forums ministériels.

Cet accueil glacial reflète le malaise dans les relations entre la Chine et les Philippines autour de la question des îles que se disputent les deux pays en mer de Chine du Sud, notamment depuis que la Cour d'arbitrage de La Haye, que Manille a saisie en 2013, s'est déclarée fin octobre compétente pour juger sa plainte dans ce conflit avec Pékin. Cette décision surprise a déconcerté Pékin, qui l'a immédiatement rejetée. La question est de savoir si les activités de la Chine dans ces mers qu'elle revendique, notamment la construction d'îles artificielles, violent la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, dont les deux pays sont partie prenante. Une demi-douzaine d'atolls et récifs occupés par la Chine ont fait l'objet de travaux spectaculaires pour les doter de piste d'atterrissage et d'infrastructures portuaires.

Or ces chantiers irritent au plus haut point les Etats-Unis, qui l'ont fait savoir en envoyant en octobre un destroyer croiser à moins de douze milles desdits îlots, puis en les faisant survoler par des bombardiers B-52. (...)

Le lendemain, M. Obama envoyait un autre message de fermeté très explicite vis-à-vis de la Chine au terme de son entretien avec M. Aquino : " Nous sommes convenus de la nécessité de prendre des mesures vigoureuses pour faire baisser les tensions, ce qui inclut la promesse de cesser tous travaux supplémentaires de poldérisation, de construction et de militarisation des zones disputées en mer de Chine du Sud ", a déclaré M. Obama à la presse mercredi, sans préciser quelles seraient ces mesures.

En réponse, la Chine a sommé Washington de cesser de " jeter de l'huile sur le feu dans les mers de Chine du Sud " et de " compliquer les différends " qui y ont cours. " Aucun pays n'a le droit de pointer du doigt les activités de construction de la Chine ", s'est indigné mercredi le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères Hong Lei. Les Etats-Unis ont pour politique de ne pas prendre partie dans les contentieux territoriaux entre les pays d'Asie du Sud-Est et la Chine, mais justifient aujourd'hui leur posture au nom de la défense de la liberté de navigation.

Autant dire que la bonne entente affichée l'an dernier au sommet de l'APEC de 2014 à Pékin entre Chine et Etats-Unis semble loin : le président Xi Jinping avait alors accueilli ses homologues des pays membres de l'APEC en mettant les petits plats dans les grands. Pékin et Washington avaient fait montre d'un degré rare de coopération, qui s'était traduit par un engagement mutuel sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Cette fois-ci, non seulement Pékin est ouvertement défié sur la question, très sensible pour la Chine, de ses activités en mer de Chine du Sud, mais il se retrouve aussi " doublé " par Washington dans le domaine des accords économiques de libre-échange. Chine et Etats-Unis proposent chacun des solutions concurrentes : la Zone de libre-échange en Asie-Pacifique (FTAAP) pour la Chine, et le Partenariat transpacifique (TPP) pour les Etats-Unis.

Alors que M. Obama s'est réjoui mercredi de l'accord de principe obtenu début octobre entre les Etats-Unis et les onze autres pays candidats au TPP – la Chine n'en fait pas partie –, le président Xi Jinping a, lui, appelé ses homologues asiatiques à rejoindre la FTAAP, les prévenant des risques de " fragmentation " que faisaient peser sur la région asiatique ces " traités rivaux ". Le TPP, dont les clauses en matière de protection de la propriété intellectuelle ou de l'environnement sont jugées trop strictes par la Chine, a été pensé à Washington comme la composante économique du " pivot " américain vers l'Asie. Son enjeu est de faire contrepoids à l'influence grandissante de la Chine dans la région en permettant aux Etats-Unis de resserrer leurs liens commerciaux avec notamment le Japon, le Vietnam et la Malaisie.

Brice Pedroletti

© Le Monde

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