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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


La Chine, nouvelle « destination climat » de François Hollande

Publié par philippe piercy sur 2 Novembre 2015, 07:45am

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Dans Le Monde daté du 1/11, les éléments d'une diplomatie du climat et de la place centrale qu'y joue la Chine en tant que très gros émetteur ET que puissance influente sur de nombreux autres Etats en développement.

extrait:

Ce déplacement en Asie, dont la date avait été arrêtée avant l’été, s’imposait au pays hôte de la COP 21 tant la Chine pèse dans le dossier du réchauffement climatique. Par son statut de premier émetteur mondial de gaz à effet de serre (25 % du total des émissions) depuis 2006, devant les Etats-Unis. Par son rôle clé, aussi, dans le processus de négociations multilatérales instauré par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Associé au groupe dit G77, une coalition de 133 pays qui concentre tous les pays en développement, Pékin peut entraîner dans sa roue beaucoup d’Etats réticents à signer à Paris un accord destiné à maintenir le réchauffement sous la barre des 2° C mais dont les contours sont encore flous. La France constate que la Chine bénéficie de leviers précieux car elle tient certains pays à « rênes courtes » : elle est un marché, donc aussi un interlocuteur politique incontournable pour les émergents, et dispose d’une large palette d’outils tels que la nouvelle Banque asiatique d’investissement en infrastructures ou la banque des BRICS. « La Chine veut être un acteur majeur et facilitateur d’un accord à Paris, elle le revendique et elle agit en conséquence », souligne-t-on à l’Elysée.

Carte bilatérale

Montrée du doigt pendant la conférence de Copenhague en 2009 comme l’un des principaux freins à toute avancée majeure des négociations, la Chine, confrontée à des revendications environnementales croissantes de sa société civile, joue désormais le jeu du multilatéralisme. Elle ne délaisse pas pour autant la carte bilatérale, loin de là. Sur la thématique climatique, elle a signé ces derniers moins plusieurs déclarations bilatérales avec l’Union européenne, l’Inde et le Brésil.

Mais c’est aux sommets avec les Etats-Unis qu’elle a réservé ses annonces majeures. En novembre 2014 à l’issue d’une visite de Barack Obama à Pékin, elle s’engageait à ce que ces émissions aient cessé d’augmenter en 2030 ou avant. Cette année, c’est lors du passage du président Xi Jinping à Washington, fin septembre, que la République populaire s’est prononcée pour la création d’un marché national de crédits carbone d’ici à 2017. Ces annonces entre les deux géants sont utiles en politique intérieure, car Xi Jinping ambitionne de traiter d’égal à égal avec les Etats-Unis, renforçant au passage son aura.

(...)

Lundi 2 novembre, François Hollande et un bel aréopage de ministres, de parlementaires et de chefs d’entreprise – une délégation de près de 80 personnes, sans compter les médias – font le chemin inverse, en se rendant à Chongqing puis à Pékin. Dans cette ville au rang de province de 9 millions d’habitants (33 millions avec les campagnes qui y sont rattachées administrativement) dopée par l’afflux de migrants, le président français devrait visiter une usine sino-française de traitement des eaux usées. L’ouest chinois demeure une réserve de croissance et un terrain que le pouvoir central entend mettre davantage en valeur, notamment par la « Nouvelle route de la soie », axe majeur de la diplomatie du président Xi Jinping.

François Hollande avec la délégation française et le maire de Chongqing Huang Qifan, à la nouvelle station franco-chinoise de traitement des eaux de Chongqing en Chine le 2 novembre 2015. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

François Hollande avec la délégation française et le maire de Chongqing Huang Qifan, à la nouvelle station franco-chinoise de traitement des eaux de Chongqing en Chine le 2 novembre 2015. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

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