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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Le FMI met le yuan dans son panier

Publié par philippe piercy sur 28 Novembre 2015, 19:58pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

DTS hypothétique (incluant le Yuan chinois)

DTS hypothétique (incluant le Yuan chinois)

Dans Le Monde du 29/11/2015: extraits

Le Fonds monétaire international (FMI) fait un pas vers la Chine. Son conseil d'administration s'apprête à approuver, lundi 30 novembre, l'inclusion de la monnaie chinoise dans le panier de devises servant à fixer la valeur des droits de tirage spéciaux (DTS) – l'actif de réserve international du Fonds. Une mesure technique, mais à la portée symbolique forte. A moins d'un rebondissement peu probable, la modification entrera en vigueur d'ici à la fin septembre 2016. Le panier de devises passera alors de quatre à cinq, et le renminbi (RMBY) ou yuan – l'autre nom de la monnaie chinoise – rejoindra le dollar, l'euro, la livre sterling et le yen.

" C'est une manière d'admettre publiquement que la Chine est un acteur monétaire et financier de premier plan ", analyse Christophe Destais, directeur adjoint du CEPII, un centre d'expertise français sur l'économie internationale. Le côté paradoxal de cette affaire est que les DTS, eux, n'ont qu'un rôle limité. Ils ont été créés en 1969 par le Fonds pour compléter les réserves de change officielles de ses pays membres et lui servent aussi d'unité de compte. Les détenteurs de DTS peuvent les échanger contre des dollars, des euros, des livres sterling ou des yens sur la base d'accords entre pays membres ou à la demande du FMI.

Avec le passage aux taux de change flottants, après l'effondrement du système de Bretton Woods en 1973, et avec l'essor des marchés de capitaux internationaux, les gouvernements ont pu emprunter plus facilement, et les DTS sont restés un instrument " marginal et peu flexible ".

(...)La décision du Fonds est politique et pragmatique. Il s'agit de reconnaître que la Chine est la deuxième économie mondiale, et qu'elle joue un rôle croissant dans le système financier international (on ne compte plus le nombre de pays auxquels elle a fait des prêts). En somme, le FMI s'est rendu à l'évidence, et il a pu le faire plus rapidement qu'il ne l'imaginait.

Dans le même numéro du Monde: Pour le chercheur Jean-Pierre Cabestan, le gouvernement ne laissera pas le yuan flotter complètement

La libéralisation financière et économique restera incomplète ?

Les réformes économiques et financières sont progressives et conservent un côté inachevé. Le contrôle des capitaux, par exemple, devrait demeurer important. Le gouvernement redoute, en le levant trop vite, de voir l'épargne des Chinois quitter le pays pour aller s'investir là où elle rapporte davantage, aux Etats-Unis ou ailleurs en Asie du Sud-Est. Il y a eu des sorties de capitaux importantes depuis 2014 et, même si ces flux se sont récemment inversés, les autorités ne veulent pas que les réserves de change, ramenées de 4 000 milliards de dollars - 3 780 milliards d'euros - en 2014 à 3 500 actuellement - 3 300 milliards d'euros - , ne fondent trop vite, comme cela s'est produit dans de nombreux pays émergents. La libéralisation du yuan ne sera pas totale.

On l'a beaucoup écrit ou dit, mais je ne pense pas que cela soit vrai. Le gouvernement a injecté 200 milliards de dollars dans les places de Shanghaï et de Shenzen pour un bénéfice nul, ce qui a été jugé de manière très négative, y compris en Chine. Le premier ministre, Li Keqiang, a décidé de dévaluer le yuan de 1,9 % en août. Cette dévaluation, qui avait l'apparence de la libéralisation, a été très administrative : la bande de variation de la monnaie a été élargie, mais reste à l'intérieur des limites fixées par les autorités.

La Chine n'est pas complètement prête pour une libéralisation totale de son économie. La réforme des entreprises d'Etat ou la mise en place des nouvelles zones de libre-échange de Shanghaï et d'ailleurs, voulues par le chef du gouvernement, prennent beaucoup plus de temps que prévu. Le ralentissement de la croissance avive le débat politique sur les réformes et leur rythme. Le FMI le sait. Et il a choisi d'encourager les plus réformateurs des Chinois.

Propos recueillis par C. Gu.

© Le Monde

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