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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Les catastrophes industrielles, des drames récurrents en Chine

Publié par philippe piercy sur 21 Décembre 2015, 19:14pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Dans Le Monde du 21 Déc 2015: extraits:

La catastrophe survenue au sein du parc industriel de Shenzhen, dimanche 20 décembre, risque de s’ajouter à la liste des drames qui affectent l’industrie chinoise depuis des années et qui trouvent bien souvent leur origine dans le non-respect des normes de sécurité.

Dans la célèbre « zone économique spéciale », où sont installés les grands noms de l’électronique chinoise et mondiale, au moins 91 personnes sont toujours portées disparues à la suite d’une coulée de boue qui a enseveli une trentaine de bâtiments et provoqué une explosion de gaz, dimanche vers midi.

La boue provenait en l’occurrence d’une ancienne carrière qui avait été transformée en décharge et qui était utilisée par les sites de construction alentours, formant une colline artificielle de près de 100 mètres de hauteur.


(...)

Les vidéos amateurs diffusées par la télévision chinoise montrent l’ampleur du désastre qui a frappé, dimanche 20 décembre vers midi, un parc industriel de Shenzhen, le berceau de l’ouverture économique chinoise, dans le sud du pays : une coulée de boue s’avance vers un immeuble de trois étages et le fait s’effondrer comme s’il avait été dynamité.

Au loin, un geyser de boue haut de plusieurs dizaines de mètres s’élève vers le ciel – possiblement dû à la rupture d’un des principaux gazoducs qui alimentent Hongkong en gaz naturel.

Cette catastrophe n’a rien de naturel : la boue provient d’une ancienne carrière qui accueillait depuis des années les déchets des excavations des sites de construction de la région, jusqu’à former une colline artificielle de près de 100 mètres de hauteur. Elle a fini par basculer, peut-être sous l’impact de fortes pluies.

Près de 900 personnes ont pu être évacuées à l’approche de la coulée, mais lundi, au lendemain du glissement de terrain, 85 autres étaient toujours portées disparues. Trente-trois bâtiments ont été détruits sur près de 100 000 mètres carrés. Les autorités locales sont sur le pied de guerre pour secourir des victimes : 1 500 sauveteurs ont bataillé dans la nuit de dimanche à lundi en quête de signes de vie, tandis que le président chinois Xi Jinping a appelé à tout faire pour retrouver des survivants.

Anarchie urbaine

He Weiming, un éboueur de 36 ans originaire du Henan, a expliqué à l’agence Xinhua ne plus avoir de nouvelles de ses parents, son fils, sa femme et plusieurs autres membres de la famille, après avoir retrouvé sa maison engloutie par le torrent de boue à son retour du travail avec son frère :

Il a tenté d’appeler les siens des dizaines de fois au téléphone, sans succès, et ne sait pas s’ils ont pu s’échapper à temps. Une partie des habitations touchées regroupait des familles de récupérateurs de déchets, originaires de provinces de l’intérieur de la Chine.

Le parc de Hengtaiyu, où a eu lieu l’incident, dans le nouveau district de Guangming, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Shenzhen, appartient au patchwork de zones industrielles qui constitue la périphérie de la mégapole : usines et ateliers de sous-traitance y côtoient des champs et des villages convertis en dortoirs pour migrants.

Y règne une anarchie urbaine souvent bien loin de l’image de hub high-tech que projette la célèbre « zone économique spéciale », où sont installés les grands noms de l’électronique chinoise et mondiale et où vivent près de 20 millions de personnes.

(...)

Des signaux d’alerte avaient pourtant été donnés. Selon le site d’information chinois Sohu, une étude d’impact environnemental a prévenu en janvier que la décharge de Hengtaiyu était un site à risque en raison d’une érosion des sols de la carrière susceptible de conduire à des effondrements. Déjà, plusieurs médias chinois se sont mis en quête de responsabilités, avant que la censure ne les en empêche. Le magazine d’information Caixin avance ainsi que le site a été créé par une société locale de gestion d’immeubles (l’équivalent d’un syndic), la Shenzhen Lü Wei Housing Management Company, qui a reçu en février 2015 le feu vert du gouvernement du district de Bao’an pour l’utiliser comme décharge temporaire pour des déchets de construction.

Cette accumulation d’erreurs humaines et de failles en matière d’application des normes va de nouveau braquer les projecteurs sur le modèle de développement chinois. Elles rappellent bien sûr la catastrophe de Tianjin d’août dernier : un entrepôt de produits toxiques avait explosé, provoquant des dégâts colossaux. Les normes en matière de stockage et de comptabilité des produits avaient été grossièrement violées.

Dans son éditorial du 20 décembre, le quotidien Global Times pointe les défis que présente l’adoption de mesures de sûreté plus strictes dans le secteur manufacturier à un moment où l’économie ralentit. Celle-ci pourrait toutefois être un bienfait déguisé, car elle « répond à la stratégie de transformer la Chine “usine du monde” en une nation industrielle avancée d’ici à 2025 ».

Brice Pedroletti

Des centaines d’accidents industriels en 2015

La Chine est particulièrement sujette aux catastrophes industrielles, qui touchent aussi bien les usines, les sites de produits chimiques, la construction que le secteur minier. Selon une carte dressée par l’ONG China Balour Bulletin (CBB), au moins 418 accidents industriels ont fait un mort ou plus depuis le début de l’année 2015, dont une part importante dans le secteur de la construction. Au moins 32 de ces catastrophes sont dues à des explosions, toujours selon la carte du CBB.

L’industrie minière est particulièrement victime de ces accidents, avec plusieurs centaines de morts depuis le début de l’année. Un nombre en baisse : en 2011, les mines de charbon avaient tué 1 973 personnes, et 1 384 en 2012. Si les campagnes de sensibilisation à la sécurité semblent avoir fait effet, le secteur minier reste dangereux, et plombé entre autre par la corruption et le manque de sécurité.

1500 secouristes ont tenté de retrouver des signes de vie dans les décombres. CHINA STRINGER NETWORK / REUTERS En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2015/12/21/glissement-de-terrain-en-chine-le-bilan-s-alourdit-a-91-disparus_4835547_3210.html#Hb1As7BH5qokgJa5.99

1500 secouristes ont tenté de retrouver des signes de vie dans les décombres. CHINA STRINGER NETWORK / REUTERS En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2015/12/21/glissement-de-terrain-en-chine-le-bilan-s-alourdit-a-91-disparus_4835547_3210.html#Hb1As7BH5qokgJa5.99

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