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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


La Chine, la modernisation encadrée d'un territoire global

Publié par philippe piercy sur 11 Mars 2016, 15:23pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Source : Thierry Sanjuan, 2015, Atlas de la Chine. Une puissance sous tension, Paris, Autrement, p. 49.

Source : Thierry Sanjuan, 2015, Atlas de la Chine. Une puissance sous tension, Paris, Autrement, p. 49.

Sous ce titre et dans une version actualisée, un important dossier de Géoconfluences sur la Chine: http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/la-chine

Présentation:

1. Cadrage scientifique

Le régime politique chinois n’est certes plus totalitaire – s’immisçant jusque dans la vie privée de ces citoyens –, mais il reste largement autoritaire, verrouillant les questions « patriotiques » et sécuritaires, contrôlant tout débat de nature revendicative ou même interrogative sur des questions devenues essentielles comme la pollution urbaine. L’un des nœuds majeurs du défi chinois en interne – et peut-être l’une de ses forces en externe – est le rôle toujours prégnant du politique dans l’économique, hier directement, aujourd’hui plus indirectement après la « privatisation », notamment dans les secteurs productif et commercial, d’un bon nombre d’entreprises collectives et publiques – mais dont l’autorité administrative ou l’une de ses structures affidées peuvent rester l’actionnaire principal. La politique officielle de l’actuel Président Xi Jinping de lutte contre la corruption et de mise au pas des autorités locales ne fait que souligner cette continuelle opacité du monde des pouvoirs en Chine continentale. Les crises boursières à répétition, sonnant le glas des Trente Glorieuses ébranlées lors de la crise de 2008, n’en sont que les indices, provoquant toutefois des soubresauts d’amplitude désormais mondiale. L’autre face de ce Janus économique, la plus connue à l’extérieur parce que nous en sommes devenus solidaires mais certainement aux yeux de Pékin moins impérative au vu des difficultés intérieures actuelles, est en effet la place d’acteur mondial que son émergence économique, géopolitique et culturelle à l’échelle de la planète lui a offerte.

Pour autant, une autre vision de l’État chinois est également possible, et s’impose progressivement avec les champs récemment ouverts et l’approfondissement des recherches sur ce pays. Comprendre la Chine exige aussi de savoir pourquoi « ça marche », comment une urbanisation devenue majoritaire, l’apparition d’un classe moyenne et le développement d’une société de loisirs pour un grand nombre ont pu se faire jour, quelle est la part de l’autorité publique dans les dynamiques de modernisation économique et sociale. Si la Chine doit aujourd’hui faire face à des défis, des mécontentements voire des révoltes issus des réformes elles-mêmes, si elle est engagée dans un temps de « post-réformes », autant remonter aux origines du développement et aux projets de modernisation portés par les acteurs publics et privés, aux différents échelons de l’État, et souligner la multiplicité des stratégies, enjeux et intérêts des différentes instances intra-étatiques : l’État local reste un acteur décisif en positif comme en négatif - à la fois favorisant la croissance de son territoire et négligeant souvent les conséquences sociales et environnementales de cette même croissance -, quand l’État central se pose en réformateur, en aménageur à l’échelle du pays, voire en garant des valeurs d’équité et de « civilisation » - parfaits instruments en retour de son omniprésence autoritaire auprès non seulement des citoyens mais aussi des cadres locaux.

Enfin, une autre dimension doit être soulignée en ce début de XXIe siècle. Le temps n’est plus à l’ouverture – les années 1980 –, ni même à la diffusion du développement vers l’intérieur à travers un aménagement du territoire national – les années 1990 et 2000. La Chine aménage aujourd’hui son territoire à une autre échelle que lui-même. Les routes de la soie, et notamment les routes terrestres destinées à relier la Chine à l’Asie centrale, la Russie et l’Europe occidentale, donnent la mesure d’une géoéconomie chinoise d’échelle dorénavant globale. Pékin, pilote et pivot d’un territoire mieux que national ou même continental, d’un territoire globalisé, consacre une extraversion prudemment choisie hier, pleinement assumée aujourd’hui.

Ce dossier a essayé de faire le point sur un certain nombre de questions de la Chine très actuelle. Il comprend la contribution de chercheurs confirmés, de jeunes docteurs et de doctorants. Il est en cela, à son échelle, une vitrine de la richesse de la recherche française sur la Chine et notamment de l’essor des recherches en géographie ces dernières années. Nous avons ainsi réuni sept articles dans l’ordre suivant :

Le dossier thématique « La Chine, la modernisation encadrée d’un territoire global » permet d’enrichir, d’actualiser les approches en considérant les nouvelles orientations des acteurs de la puissance chinoise ainsi que leurs stratégies. L’article de Thierry Sanjuan La fin des trois Chine ? est particulièrement utile pour l’étude de la Chine comme acteur de la mondialisation et la compréhension de sa stratégie territoriale. Les articles de Jean-Pierre Cabestan, Les relations internationales de la Chine après la crise de 2008 et de David Bénazéraf, Les Chinois, faiseurs de villes africaines, éclairent sur la stratégie de puissance de la Chine.
Pour renouveler l’approche de la ville et des problématiques de la métropolisation en Chine, les deux articles - L’image de propagande en Chine, outil du contrôle social : le cas de Pékin, de Léo Kloeckner et Métropolisation chinoise et villes nouvelles : l’exemple de l’aménagement polycentrique de Shanghai, de Carine Henriot - permettent de comprendre les nouveaux enjeux et orientations des acteurs publics.
Enfin, les deux articles - Les autorités publiques et la modernisation agro-industrielle d’Étienne Monin, Les réactions sociales face aux défis environnementaux de Sébastien Goulard éclairent la difficile articulation des volets économiques, sociaux et environnementaux du développement chinois dans une économie globalisée.

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