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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


La Banque mondiale pointe les inégalités qui s'aggravent aux États-Unis et en Europe

Publié par philippe piercy sur 4 Octobre 2016, 10:33am

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

source http://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/0211353797818-pour-la-banque-mondiale-les-inegalites-restent-trop-fortes-2032214.php4/10 2016

source http://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/0211353797818-pour-la-banque-mondiale-les-inegalites-restent-trop-fortes-2032214.php4/10 2016

Par le lien suivant :

http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2016/10/02/tackling-inequality-vital-to-end-extreme-poverty-by-2030

la Banque Mondiale présente son dernier rapport sur pauvreté et inégalité.

Dans le Figaro du 3/10/2016 (http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/10/03/20002-20161003ARTFIG00008-la-banque-mondiale-pointe-les-inegalites-qui-s-aggravent-aux-etats-unis-et-en-europe.php

un aperçu des conclusions d'un rapport de la Banque Mondiale: deux enseignements très significatifs:

Normalement la Banque mondiale, la première institution au monde pour l'aide au développement qui est son métier, s'intéresse au sort des pays les plus en retard et à la lutte contre la pauvreté extrême. Et sur ce point les nouvelles sont relativement bonnes. «Près de 800 millions de gens vivaient avec moins de 1,9 dollar par jour en 2013, c'est 100 millions de moins qu'en 2012», soulignent ses experts, dans leur nouveau rapport annuel intitulé «Poverty and Shared Prosperity» (Pauvreté et prospérité partagée), publié dimanche soir.

De même la Banque mondiale, dont le président Jim Yong Kim vient d'être renouvelé pour un second mandat de 5 ans, peut claironner que pour la première fois depuis deux siècles et le début de la première révolution industrielle, «les inégalités à l'échelle du monde se sont réduites à partir des années 1990 et cette période constitue une exception, car elles n'avaient cessé de s'élargir de 1820 à 1990». La raison en est bien sûr le redémarrage des pays émergents, et notamment la Chine et l'Inde, les deux plus grosses populations de la planète, qui ont contribué à réduire les inégalités entre l'ensemble des pays. On estime en particulier que 1,1 milliard de gens sont «sortis de l'extrême pauvreté», définie par un revenu individuel quotidien inférieur à 1,9 dollar.

MAIS:

après avoir dressé ce satisfecit lié à la mondialisation, la Banque mondiale doit reconnaître que «les inégalités au sein des pays eux-mêmes sont plus élevées aujourd'hui qu'il y a 25 ans». Ces inégalités se traduisent notamment par la croissance vertigineuse des revenus dans le haut de l'échelle. C'est le fameux «1%» des plus riches dont la part dans le revenu national a doublé depuis les années 1980 aux États-Unis, passant de 9% à 18%. Un phénomène beaucoup moins marqué en France et au Japon, où le centile des plus riches a vu sa part progresser de 7% à 9% du revenu national, depuis le début des années 2000 à aujourd'hui.

Mais plutôt que de s'appesantir sur les chiffres des plus riches désormais bien connus, la Banque mondiale a regardé le sort des moins aisés, les 40% de chaque pays les moins bien lotis depuis 2008 et jusqu'en 2013. Et ce concept est original et sans doute plus significatif pour juger de la prospérité d'un État. Sur les 83 pays retenus, les plus importants par la population, il apparaît que dans 60 de ces États les revenus des 40% les moins favorisés ont continué de progresser, ce qui est relativement encourageant du fait que cette période intègre la grande récession de 2008-2009.

En revanche pour les 23 autres pays du panel, les «quatre déciles» les plus bas en matière de revenus, comme disent les analystes, ont vu leurs ressources diminuer de façon absolue entre 2008 et 2013. Cela a été le cas aux États-Unis, mais également dans douze pays de l'Union européenne, au Royaume-Uni et en Hongrie, ainsi que dans dix États membres de la zone euro (Chypre, Estonie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Pays Bas, Portugal, Espagne).

On retrouve en réalité tous les pays de l'Union monétaire européenne qui ont été touchés par la crise des dettes souveraines. Sans surprise la Grèce a été la plus durement frappée, avec un recul annuel de 10% en moyenne par tête, la baisse atteignant 2,9% en Italie, 2% au Portugal, 1,3% en Espagne. Et dans tous ces pays, à l'exception du Portugal, les 40% du bas de l'échelle ont subi des reculs de revenus plus importants que la moyenne de la population, ce qui signifie qu'aucun mécanisme de solidarité n'a joué dans la débâcle. Les inégalités se sont creusées par le bas, un phénomène de paupérisation caractérisé.

En France, on a observé en effet un creusement relatif des inégalités dans la mesure où les «40%» ont vu leurs revenus progresser moins vite que la moyenne du pays (0,19% contre 0,39% ), alors que c'est l'inverse outre-Rhin (respectivement 1,35% pour les 40% les plus pauvres et 0,4% pour le total de la population). De même le sort des 40% du bas de l'échelle est comparativement meilleur dans l'absolu en Allemagne (28,35 dollars de revenu par jour en moyenne en 2013) qu'en France (26,83 dollars). Il semblerait donc que le salaire minimum qui n'a été introduit qu'en 2015 outre-Rhin ne constitue pas un gage de bien être décisif.

Il n'est en tout cas pas banal que la Banque mondiale pointe désormais les inégalités au sein même des pays riches, ce qui n'était pas au départ sa vocation. Manifestement les débats sur les inégalités qui taraudent la société et la campagne électorale américaines n'y sont pas étrangers.

L'exemple de l'Ile de France:

Une enquête du Secours Catholique révèle les détails chiffrés d'une fracture territoriale qui continue de se creuser. La Seine-Saint-Denis est le département le plus touché par la pauvreté.

Elle est la région la plus riche de France mais aussi la plus inégalitaire. Le Secours Catholique publie, ce lundi, une étude réalisée par son collectif sur la fracture territoriale en Île-de-France. Composée de 8 départements et forte de ses 12 millions d'habitants, elle est la première région économique en France avec un PIB représentant 31% de la richesse nationale. On y trouve les individus les plus aisés mais aussi les plus pauvres du pays dans des zones nettement différenciées, accentuant les clivages. La concentration de personnes en situation de pauvreté a augmenté et, aujourd'hui, tous les indicateurs de pauvreté (revenu, chômage, santé, etc.) sont au rouge. Selon le Secours Catholique, «les territoires les plus pauvres deviennent encore plus pauvres alors que les territoires le plus riches sont de plus en plus riches».

L'un des exemples le plus frappant est l'écart de 50% du revenu médian entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis. C'est dans ce département du nord-est de Paris que le nombre de demandeurs d'emploi a le plus progressé, avec un taux de 14,8% contre 10,9% dans les Hauts-de-Seine. La Seine-Saint-Denis est le département le plus touché par cette fracture: son taux de pauvreté était de 24,1% en 2010 chez les familles monoparentales contre 14,1% à l'échelle nationale.

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