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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Les "gated communities", des ghettos de riches? une idée reçue à réviser

Publié par philippe piercy sur 11 Février 2017, 12:09pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Par le lien http://www.laviedesidees.fr/Les-Gated-Communities-des-ghettos.html

la discussion argumentée de l'affirmation, dont T. Paquot fait un titre d'ouvrage, selon laquelle les communautés fermées sont des ghettos de riches.

-Discussion du recours à la figure du ghetto (" Il suffit d’entrer dans une gated community pour avoir des doutes sur la pertinence de cette figure. En règle générale en effet, une gated community n’est rien d’autre qu’un ensemble résidentiel. Il ne s’y passe rien et, en journée, dans les plus aisées d’entre elles, l’animation est principalement le fait du personnel domestique. Pour leurs habitants, les gated communities sont généralement des quartiers dortoirs. L’essentiel de la vie quotidienne se déroule ailleurs, que ce soit pour le travail, les loisirs, les études ou les achats. (..)  De ce point de vue, on doit comprendre le développement des gated communities non pas comme l’affirmation d’un repli communautaire, mais exactement comme le contraire, c’est-à-dire comme la conséquence de l’affaiblissement des liens communautaires locaux ")

-Discussion sur l'assimilation à la richesse: " La seconde réserve porte sur l’association entre gated communities et richesse. Certes, les barrières les plus visibles et les plus étanches sont celles qui entourent les résidences des riches. Mais cette association entre richesse et fermeture se révèle très discutable si on élargit le regard et si on recense l’ensemble des situations où des habitations sont entourées d’espaces qui sont à la fois : sous un régime de gestion privée ; entourés de barrières ou de clôtures les isolant de leur environnement ; et à accès restreint (ce qui sont les trois critères généralement retenus dans la littérature scientifique pour définir les gated communities (...) 

Les ensembles de logements sociaux, notamment ceux construits selon les principes de l’urbanisme moderne, sont particulièrement touchés par les opérations de clôture et de sécurisation des espaces collectifs. Dans de nombreux pays, ces ensembles sont restructurés au travers d’initiatives qualifiées de résidentialisation . Cette dernière prend des formes diverses et s’effectue suivant des modalités variables, mais dans la plupart des cas, elle comporte la division des espaces libres, d’une part en parcelles privées chacune associée à un immeuble particulier, d’autre part en espaces publics se rapprochant du modèle de la rue traditionnelle. Et ce redécoupage de l’espace s’effectue fréquemment par la pose de barrières délimitant les parcelles privées et par l’installation de dispositifs de contrôle filtrant les accès à ces parcelles. Il s’agit en quelque sorte de transformer chaque immeuble en résidence privée. L’objectif est à la fois de mieux contrôler les circulations (notamment de canaliser les déplacements des potentiels fauteurs de trouble), de permettre aux habitants de mieux s’approprier les espaces qui entourent leur immeuble et de faciliter la gestion des espaces libres (aux bailleurs les parcelles privatisées et à la municipalité les espaces publics transformés en rue).

En Afrique ou en Amérique latine, les quartiers populaires ou pauvres sont également très concernés par les fermetures de rues et d’espaces collectifs. Evidemment, les barrières qui sont érigées dans ces quartiers n’ont pas le même aspect que celles qui sont érigées dans les quartiers chics."

De cette riche discussion on peut retenir, parmi bien d'autres aspects (érosion du lien social? privatisation de l'espace public? "ville privée?") sa conclusion:

" Il faut y insister : la force symbolique et expressive des barrières et des murs tend à occulter les processus et les transformations moins immédiatement visibles dans lesquels le développement des espaces résidentiels fermés s’inscrit. Les symboles sont certes importants et la propension des citadins à tolérer voire à promouvoir l’affichage de tels symboles doit interroger. Mais, ce qui précède le montre, les gated communities ne sont généralement que des symptômes de phénomènes plus larges et plus préoccupants qu’il convient de ne pas laisser dans l’ombre et de garder à l’esprit. Reprenons la question de la ségrégation socio-spatiale. Dans son étude sur le phénomène à Los Angeles, Renaud Le Goix a clairement montré que les gated communities n’augmentent pas significativement la ségrégation par elles-mêmes et qu’elles ne sont que la surface émergée de processus qui se jouent à des échelles plus larges, notamment à celle des municipalités. En France aussi, la ségrégation sociale s’organise avant tout à l’échelle des quartiers, des municipalités ou des secteurs dessinés par la carte scolaire. Les limites des uns et des autres sont certes moins visibles et peuvent difficilement être montrées dans un reportage, elles n’en sont pas moins beaucoup plus déterminantes que les portails et les murs qui ceignent des ensembles résidentiels de quelques dizaines de logements ".

une communauté fermée à Tucson (Arizona) et une autre en France (Ris Orangis 91)
une communauté fermée à Tucson (Arizona) et une autre en France (Ris Orangis 91)

une communauté fermée à Tucson (Arizona) et une autre en France (Ris Orangis 91)

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