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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Castes et Inégalités en Inde

Publié par philippe piercy sur 3 Mars 2017, 14:20pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Sur le site des Cafés Géographiques, un compte rendu détaillé et complet du Café d'Annecy, animé par Virginie Chasles, sur la question des inégalités dans leurs liens avec les castes en Inde; https://cafe-geo.net/castes-et-inegalites-en-inde/

Extrait;

l’Etat a mis en place des politiques de discrimination positive, donnant droit à des quotas aux populations en retard dans l’économie. Ils ont des places et des bourses dans les administrations, dans les assemblées locales et régionales, ainsi que dans les universités. Au départ, ces politiques étaient destinées uniquement aux Intouchables et aux Tribaux (les Adivasis) représentant des catégories à part. En tout, ce sont 80% des campagnes qui sont composées par les Adivasis, les Intouchables et les basses castes. Ces politiques se sont étendues vers les basses castes de plus en plus, c’est-à-dire les OBC. En effet, 3743 autres jatis, en plus des Intouchables, ont le droit de bénéficier de ces politiques de discrimination positive. Cela signifie qu’environ 58% de la population indienne peuvent demander ces aides. Mais beaucoup ne le font pas. Par exemple, les basses castes n’ont souvent pas le niveau scolaire nécessaire pour intégrer les universités.

  • Cette politisation de la caste participe au fait que ce système reste important et revendiqué. Mais cela entraine également des tensions entre les castes.

Certaines jatis revendiquent le statut de basse caste. Cependant, les hautes castes sont contre ce système de discrimination positive. En effet, beaucoup de places dans l’université sont laissées vacantes à cause de cela. Si elles ne sont pas occupées par les basses castes, elles ne peuvent pas être prises par les hautes castes et sont donc perdues. De fait, avant chaque rentrée universitaire, des étudiants des hautes castes manifestent contre ce système. De même, beaucoup revendiquent le fait qu’ils n’obtiennent pas d’emplois dans le service public. Depuis les années 1990, c’est la libéralisation économique de la société indienne. La masse d’emplois relevant du système privé représente désormais la grande majorité et cette politique de discrimination positive ne s’y applique pas. Il y a donc une instrumentalisation politique des castes. La société indienne est très politisée et impliquée dans la vie politique et électorale, avec des taux de participation aux élections très importants. Chaque jati représente un réservoir de votes de plusieurs millions de personnes. Des partis politiques peuvent faire miroiter des reconnaissances de basses castes contre des promesses de voix.

II – Une segmentation verticale, toujours plus inégalitaire, accentuée par l’émergence économique

Cette segmentation est toujours plus importante. Depuis 1991, l’Inde enregistre un taux de croissance économique important, de l’ordre de 7%. Paradoxalement, le pays compte le plus grand nombre de pauvres. Cela s’explique par le fait que la croissance a un caractère prioritaire. Amartya Sen a parlé de « croissance sans développement ». L’amélioration des conditions de vie est lente. L’IDH progresse lentement, mais moins vite depuis que la croissance économique est importante. L’indice de GINI, l’indicateur qui formalise l’importance des inégalités au sein des populations, est plus fort après la croissance économique des années 1990.

Ce creusement des inégalités s’explique par l’enrichissement important d’une minorité. La nouvelle classe moyenne est très différente de la classe moyenne traditionnelle dans ses choix de lieux de vie. Elle choisit d’habiter dans des espaces situés en dehors des villes et d’exhiber sa richesse. A l’inverse, la classe moyenne traditionnelle vit dans le centre-ville et se montre discrète. Cela se voit toujours plus. Aujourd’hui, dans certaines villes indiennes, on retrouve des paysages urbains similaires à ce qui se fait en Afrique du Sud et au Brésil. Depuis le début des années 2000, la visibilité des extrêmes est toujours plus importante.

Christophe Jaffrelot, spécialiste de la politique indienne, dit que la question de la pauvreté est associée à l’inégalité et il parle même d’une « bombe à retardement ». Les tensions sont toujours plus vives entre des catégories de population qui n’existaient pas alors. Cela a lieu à l’échelle locale.

Castes et Inégalités en Inde
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