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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Chômage : atlas d’une France fracturée

Publié par philippe piercy sur 24 Mars 2017, 10:35am

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Dans Le Monde du 25/3, http://www.lemonde.fr/emploi/article/2017/03/24/chomage-atlas-d-une-france-fracturee_5099937_1698637.html un aperçu par des inégalités socio-territoriales devant l'emploi en France. Extraits:

« La crise est un choc macroéconomique qui a frappé tous les Français, mais avec des disparités évidentes. Certains en souffrent beaucoup plus que d’autres », remarque Yannick L’Horty, économiste à l’université Paris-Est-Val-de-Marne.

Plus généralement, « en matière d’emploi et de chômage, les disparités territoriales françaises sont plus fortes que dans les pays voisins », écrit l’Observatoire des territoires dans une note publiée en décembre 2016.

Spécialisation des bassins d’emplois

L’organisme en veut pour preuve le fait qu’il existait, en 2015, un écart de 24,8 points de pourcentage entre le taux d’emploi régional le plus élevé et le plus faible en France métropolitaine. Contre 11,7 au Royaume-Uni, 9 en Allemagne ou encore 10,8 en Espagne. Le taux de chômage, lui, varie de presque 12 points entre Houdan (Yvelines), commune la plus privilégiée avec ses 4,7 %, et Agde ou Pézenas, qui culminent à 17,7 %.

Une situation due à une certaine spécialisation des bassins d’emplois français dans un contexte de mutation économique et de désindustrialisation de l’Hexagone.

Comme l’explique Yannick L’Horty, « c’est la composition initiale en matière de secteur d’activité qui détermine la résistance ou pas d’une zone d’emploi ». Ainsi, ajoute-t-il, ce sont, sans surprise, les territoires les plus industrialisés qui ont le plus souffert de la crise. Et où la destruction d’emplois a été la plus importante.

Comme, par exemple, les zones de Poissy (Yvelines) et du Havre (Seine-Maritime), ou encore de Sochaux (Doubs) où se trouvent des fabricants mais aussi des équipementiers et des sous-traitants automobiles. « Or l’automobile, c’est très cyclique, ça dépend directement de la consommation, et donc de la conjoncture économique », analyse M. L’Horty.

Idem pour les zones historiquement spécialisées dans l’acier ou le textile, comme certains territoires du nord et de l’est de l’Hexagone. L’arc sud reliant Nîmes à Perpignan ploie, quant à lui, sous le poids de son attractivité, trop importante pour que les créations d’emplois suffisent à absorber une population active croissante. D’autant qu’il est lui aussi victime de sa mono-activité, certes florissante, mais circonscrite dans le temps : le tourisme.

(...)

Au-delà du simple effet de la crise, qui a eu un impact dévastateur sur certains territoires, les chercheurs pointent le fait que « la géographie du chômage est de plus en plus stable », écrit l’Observatoire des territoires. Dès lors, comme l’indique M. L’Horty, ce sont les zones qui étaient déjà en difficulté qui souffrent le plus. « Les dynamiques actuelles des territoires prolongent les disparités du passé, écrit l’Observatoire, les zones où le chômage est élevé sont les mêmes depuis plusieurs décennies. »

Les raisons en sont multiples, mais, parmi elles, une a attiré l’attention des chercheurs : une mono-activité déclinante conduit souvent à la fuite des populations qui le peuvent, parties chercher du travail là où il y en a.

(...)

Métropolisation des emplois:

« Globalement, jusqu’en 1999, la croissance de l’emploi a profité à toutes les villes, petites et grandes. A partir de cette date, les territoires se différencient de plus en plus. Sur la période 2006-2013, les créations d’emplois se concentrent sur les aires urbaines de plus de 500 000 habitants », écrit l’institut.

En conséquence, 46 % des postes sont aujourd’hui concentrés dans les métropoles et leurs alentours. Or ce sont là principalement des emplois de cadres, qui drainent ensuite, autour d’eux, tout ce dont ces salariés ont besoin en matière de services. Ce qui permet de nouvelles créations d’emplois dans les villes alentour, dépendant économiquement des métropoles.

Parallèlement, les villes moyennes ont vu, ces dernières années, le nombre de créations d’emplois décliner. Un phénomène voué à renforcer encore plus les inégalités entre citoyens et les fractures entre les territoires dans une France où tout le monde n’est pas armé de la même manière face à la crise.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/emploi/article/2017/03/24/chomage-atlas-d-une-france-fracturee_5099937_1698637.html#3KP2ej8OxeuGhJWK.99

 

Chômage : atlas d’une France fracturée

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