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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Identifier les ressources urbaines pour lire les inégalités socio-spatiales

Publié par philippe piercy sur 1 Avril 2017, 10:10am

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

 La densité relative des ressources urbaines dans la Région Métropolitaine de Belo Horizonte Source : Base CEMIG PDDI, 2009 ; réalisation : E. Viana Cerqueira, 2016.

La densité relative des ressources urbaines dans la Région Métropolitaine de Belo Horizonte Source : Base CEMIG PDDI, 2009 ; réalisation : E. Viana Cerqueira, 2016.

Le dernier numéro de la revue EchoGéo https://echogeo.revues.org/14925

est en ligne et porte sur la notion de ressource urbaine. Voir tout particulièrement l'article introductif

Aurélia Michel et Antonine Ribardière

extrait:

Depuis plusieurs années, des travaux permettent de renouveler la qualification des processus sociaux qui accompagnent la forte urbanisation des sociétés au Nord comme au Sud, notamment la production d’inégalités. Ceux-ci se fondent sur la qualification et la caractérisation des ressources qui sont en jeu dans ces processus : logement et prestations attenantes, emploi, école, santé, transports intra-urbains, mobilité1 ou au contraire immobilité2.

2Nous proposons d’aborder ces ressources comme des ressources urbaines, c’est-à-dire non seulement comme une somme de services mais également selon leur répartition spécifique dans l’espace de la ville, leur articulation et leurs conditions d’accès. Cette approche permet de faire d’une localisation dans la ville une ressource en tant que telle, de même que l’accès à des lieux de ressources potentielles. (...)

Les ressources urbaines apparaissent ainsi comme des marqueurs des inégalités socio-spatiales. La carence de services dans certains quartiers populaires ou au contraire, la densité de services rares dans des quartiers plus centraux, à l’origine de rentes de situations3 peuvent être lues à la fois comme un effet et comme un élément de la production des inégalités. Les filières d’accès aux logements, la structure du parc et le fonctionnement du marché foncier orientent et contraignent les stratégies résidentielles des ménages. Sur le front de l’emploi, les distances entre lieux de travail et lieux de résidence, les niveaux de desserte et la qualité des réseaux et enfin les coûts de transports, constituent une réelle entrave à l’accès à l’emploi des catégories populaires (Bertrand 2010, op. cit., WenglenskIi S., 2010).

La problématique de l’accès aux ressources urbaines se décline différemment selon les individus, non seulement suivant leur localisation propre – renvoyant en cela à des effets de contexte qui associent ressources spécifiques au quartier d’une part et situation du quartier dans la ville d’autre part–, mais également selon les autres ressources que chacun est en mesure de mobiliser – ressources économiques, capacités à se déplacer, réseau social...

et l'article de

Rafael Soares Gonçalves

extrait:

L’informalité peut ainsi permettre l’accès à la ville à des catégories plus populaires, ce qui serait impossible par la voie du marché ou par l'application des politiques publiques de logement social,. En effet dans le cas du Brésil ces dernières ont toujours priorisé la construction de logements situés dans des zones éloignées, où l’accès à certaines ressources urbaines est difficile. Or, comme l’affirme MacFarlane (2016, p. 66), le « formel » et l’ « informel », dans les pratiques quotidiennes, « peuvent constituer en eux-mêmes des ressources utilement mises en œuvre par les individus pour réaliser certains de leurs projets » (MacFarlane, 2016, p. 66).

En refusant d’adopter ces discours romantiques sur l´informel, cet article lance une provocation et cherche à comprendre comment l’informalité peut paradoxalement signifier, dans certains contextes urbains, une ressource en soi, susceptible d'assurer l’accès aux différentes ressources urbaines. À partir des différents travaux de recherche réalisés ces dernières années dans les favelas de Rio de Janeiro, la première partie de cet article porte sur la façon dont l’informalité permet des pratiques plus souples de construction, modulant, grâce à l’auto-construction, les logements selon les besoins familiaux. L´article analyse ensuite comment la gestion informelle des services peut parfois susciter des formes élaborées d’organisation collective, adaptée aux possibilités des ressources locales. La dernière partie aborde les politiques de délimitation officielle des aires de favelas. Plus précisément, nous montrons comment les mesures d'exemption de taxes pour les baux commerciaux dans les zones des favelas finissent par renforcer les aspects juridiques prétendument précaires de ces zones, dans le cadre transitoire permanent évoqué ci-dessus. Néanmoins, ces pratiques révèlent des logiques plus fonctionnelles et adaptées aux besoins des résidents et peuvent devenir une ressource en soi pour accéder à la ville et ses ressources.

ainsi que celui de

 extrait:

Nous chercherons à analyser les inégalités d’accès aux ressources urbaines dans les franges métropolitaines de Belo Horizonte (Brésil). Le développement de cette métropole a été marqué par un modèle d’urbanisation fortement ségrégatif. On y constate des fortes inégalités de mobilité au niveau métropolitain : le modèle monocentrique de concentration d’équipements et d’activités a produit une forte dépendance du centre-ville. Depuis les années 1990, on observe dans les franges métropolitaines de nombreuses transformations qui passent à la fois par l’arrivée de nouvelles catégories de population et par une densification en termes d’équipements (Andrade et al., 2015). On peut donc s’interroger sur les impacts de ces évolutions récentes sur les comportements de mobilité des habitants. La diversité croissante des franges périphériques de Belo Horizonte, en matière de populations et d’équipements, contribue-t-elle à nuancer ou à renforcer les inégalités d’accès aux ressources urbaines ? (...)

Les analyses et les premiers entretiens valident l’hypothèse selon laquelle les inégalités d’accès aux ressources urbaines sont toujours prononcées, malgré la diversité croissante des franges métropolitaines belorizontines. Si dans les dernières années les marges de la ville sont devenues des cibles majeures de l’industrie immobilière, ces évolutions ne semblent pas contribuer à la réduction des écarts d’accès entre les catégories sociales.

Les résultats mettent en évidence que les populations les plus aisées bénéficient toujours d’un accès à l’ensemble des équipements de la métropole plus important. Ces différentiations se cumulent avec de fortes inégalités de droits aux modes de déplacements. Même si les populations pauvres ont des gains d’accès plus significatifs en transport en commun, cela ne leur permet pas de compenser les écarts induits par la mobilité automobile.

Par ailleurs, l’analyse des déplacements par motif de destination fait apparaître des comportements sociaux marqués, ainsi que des tactiques, déployées par les ménages afin d’accéder aux équipements, différentes. Les pratiques des populations aisées se dessinent à partir de leurs choix individuels et de la mobilité automobile, tandis que celles des ménages modestes sont orientées par des contraintes comme l’accès limité à la voiture et la localisation des ressources elles-mêmes. Les entretiens qualitatifs permettent de mettre en évidence la diversité de comportements de mobilité observés et les principales difficultés rencontrées par les ménages dans l’accès aux équipements.

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