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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


un "impeachment" en vue pour M. Temer, président brésilien? l'occasion d'un retour sur l'affaire JSB

Publié par philippe piercy sur 27 Juin 2017, 08:25am

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

un "impeachment" en vue pour M. Temer, président brésilien? l'occasion d'un retour sur l'affaire JSB
un "impeachment" en vue pour M. Temer, président brésilien? l'occasion d'un retour sur l'affaire JSB

Même si la procédure sera longue et risque peu de déboucher sur l'empêchement du président Temer, elle a débuté (cf Le Monde  http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/06/27/demande-de-mise-en-accusation-pour-corruption-contre-le-president-bresilien-temer_5151500_3222.html#i25cVHTUBxRYr6t8.99

extraits:

La requête judiciaire, formulée par le procureur général Rodrigo Janot, devenu l’ennemi juré des politiciens en délicatesse avec la loi, fait suite à une enquête lancée, mi-mai, pour « corruption passive », « obstruction à la justice » et « participation à une organisation criminelle ». Une procédure déclenchée par la divulgation de vidéos compromettantes et de l’enregistrement d’une étrange conversation tenue le 7 mars vers onze heures du soir entre le chef de l’Etat et un dirigeant d’entreprise véreux, Joesley Batista. (...)

Selon le rapport du procureur, « entre les mois de mars et avril 2017, en sa liberté pleine et consciente, le président Michel Miguel Temer Lulia, se prévalant de sa condition de chef du pouvoir exécutif et de leader politique national, a reçu, par l’intermédiaire de Rodrigo Santos da Roucha Loures un bénéfice indu de 500 000 reais [135 000 euros] offerts par Joesley Mendonça Batista ». Voir plus bas un extrait d'article sur cet entrepreneur

Le cabinet Eurasia souligne encore que, début juin, le chef de l’Etat a déjà échappé à la cassation de son mandat par la justice électorale suite à des soupçons d’utilisation d’argent de la corruption pour le financement de la campagne présidentielle de 2014 qu’il avait menée conjointement avec Dilma Rousseff du parti des travailleurs (PT, gauche)

« Le président a perdu toute légitimité. Il laissera au pays une marque infamante mais le jeu politique lui permet de terminer son mandat », observe, dépité, Pablo Ortellado, professeur de gestion de politiques publiques à l’Université de Sao Paulo qui évoque un « pacte » conclu entre les élites politiques et économiques. Michel Temer, de fait, bénéficie de l’appui des milieux d’affaires qui redoutent de vivre une nouvelle période d’instabilité comparable à l’impeachment de Dilma Rousseff.

« Tous les entrepreneurs préfèrent continuer avec le président Michel Temer. Aujourd’hui la position est celle-ci : il est préférable de continuer et d’assurer la transition, avec le moins de turbulences possibles », a affirmé au quotidien Folha de Sao Paulo, Robson Andrade, président de la Confédération nationale de l’industrie (CNI) au Brésil.

Se vantant d’être capable de sortir le pays du gouffre économique, Michel Temer évoque les réformes structurelles – système de retraites, marché du travail – qu’il promet de mener à bien avant la fin de son mandat en décembre 2018 et souligne l’absence d’alternatives. « Il n’y a pas de plan B, il nous faut continuer », a -t-il lancé, lundi.

 

Reste une atmosphère qui s’alourdit de jour en jour. Décrit comme « le chef de l’organisation criminelle la plus dangereuse du Brésil » par Joesley Batista, Michel Temer pourrait faire l’objet d’autres demandes de mise en examen déposées par Rodrigo Janot. L’une pour « obstruction à la justice », l’autre pour « participation à une organisation criminelle ».

Sans compter de possibles rebondissements de l’opération « Lava-Jato » (« Lavage express ») cette opération judiciaire tentaculaire qui décime progressivement la vieille élite politique brésilienne de gauche comme de droite mouillée dans les affaires de pots-de-vin.

« Soutenir Michel Temer devient de plus en plus délicat », pointe Sylvio Costa du site Congresso em Foco. Les élections parlementaires approchent et les députés pourraient redouter que leur appui au président ne se transforme en un « baiser de la mort », leur coûtant leur réélection.

Moribond, le chef de l’Etat n’est approuvé que par 7 % des Brésiliens selon un sondage Datafolha publié samedi 24 juin ; 76 % souhaiteraient qu’il démissionne, et 47 % disent avoir honte de leur pays que certains comparent désormais à une République bananière.

 

Si la corruption est endémique et massive, la nouveauté relative est l'intolérance croissante dont elle fait l'objet.

L'affaire pointée par la procédure renvoie à une entreprise typique de la puissance agroalimentaire du Brésil et aux firmes sans scrupules qui la constituent; exemple l'entreprise JBS: extraits d'un autre article du Monde du 24/5/17 (http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2017/05/24/au-bresil-les-cow-boys-de-jbs-font-trembler-la-republique_5133225_3234.html)  extraits:

Le président brésilien, Michel Temer, le décrit comme un « fanfaron ». Aux dires de son entourage, Joesley Batista, comme son frère Wesley – tout deux propriétaires de la plus grande entreprise mondiale de production de protéines animales, JBS –, est plutôt un homme simple. Un caipira, un de ces gars de la campagne dépourvus de culture et de cette arrogance propres à l’élite de Brasilia et de Sao Paulo.

Deux frères, fermiers débarqués de l’Etat de Goias, dans le centre du pays, devenus des milliardaires proches du pouvoir, qui prennent aujourd’hui des allures de « cow-boys » machiavéliques, à même de faire tomber la république.

 

L’affaire éclate dans la soirée du 17 mai, avec la révélation de l’enregistrement d’une conversation, datant du 7 mars, entre Joesley Batista et Michel Temer. La bande, de mauvaise qualité, laisse entendre que le chef de l’Etat aurait obtenu les faveurs financières de JBS pour faire obstruction à la justice dans l’opération « Lava jato » (« lavage express »), le plus grand scandale de corruption de l’histoire du pays.

Après le choc, le Brésil découvre les activités souterraines de JBS. Il y est question de mallettes d’argent sale échangées dans des parkings en sous-sol et plus globalement d’un arrosage outrancier de la classe politique brésilienne. Selon les aveux de Joesley Batista à la police, JBS, mis en cause dans pas moins de cinq enquêtes judiciaires, notamment dans l’opération « viande avariée », aurait versé, ces quinze dernières années près de 400 millions de reais (110 millions d’euros actuels) de pots-de-vin à des politiciens de tout bord.

 

L’histoire rocambolesque de JBS commence en 1953, dans la boucherie Casa de Carnes Mineira, à Anapolis (Goias). L’échoppe, ouverte par José Batista Sobrinho, dit « Zé Mineiro », le père de Joesley et Wesley, profite dès 1957 de la construction de Brasilia, capitale bâtie ex nihilo, en fournissant en viande les ouvriers de ce chantier titanesque.

Lire aussi :   Agroalimentaire : les géants brésiliens à l’offensive

Les affaires conduiront la famille à s’installer à Brasilia dans les années 1970. Des trois enfants, José Batista Junior (l’aîné, qui quittera le groupe pour monter son propre abattoir), Joesley et Wesley, aucun n’ira jusqu’à l’équivalent brésilien du bac, tous préférant travailler avec leur père plutôt qu’user leurs culottes sur les bancs de l’école.

L’entreprise, connue au Brésil sous la marque Friboi, commence alors son expansion en rachetant des abattoirs en déroute. Mais les « Bernard Tapie de la viande » n’exploseront véritablement qu’en 2007, avec la mise en Bourse à Sao Paulo et le rachat de la société Swift aux Etats-Unis et en Australie. L’Amérique voit débarquer Joesley, jean et mains maculés de sang, pour faire connaître son activité. L’entreprise prend alors le nom de JBS, les initiales du patriarche, et entame un road show (tournée des investisseurs).

Plus polémique sera le soutien de la Banque nationale de développement économique et social (BNDES) – 8,1 milliards de reais entre 2007 et 2010 – au nom de la promotion de champions nationaux. « En 2008, le secteur était en crise du fait de l’épidémie de fièvre aphteuse. La BNDES a aidé JBS mais a abandonné les autres », enrage un porte-parole de l’Association brésilienne des abattoirs, qui déplore aussi la surconcentration du secteur provoquée par les rachats de JBS.

Le soutien de la BNDES est d’autant plus étonnant que le groupe multiplie les acquisitions à l’étranger et la banque publique finit par financer une multinationale qui réalise 80 % de son chiffre d’affaires hors du Brésil.

« JBS est une illustration de la façon dont les entreprises brésiliennes se sont connectées au système politique pour faire partie des “élues’’ », explique l’économiste Sergio Lazzarini, auteur de Capitalismo de laços (« Le capitalisme de lien », Campus, non traduit). « Un capitalisme de copinage », renchérit Paulo Baia, professeur d’économie au centre universitaire FEI, dans l’Etat de Sao Paulo.

En 2012, Michel Temer, comme d’autres caciques de Brasilia, faisait partie du millier d’invités à la noce de Joesley Batista.

NB: la firme JBS JBS-Friboi est la principale multinationale brésilienne de l'industrie agroalimentaire, qui représente environ un quart du marché mondial du bœuf1. Elle distribue principalement des produits à base de viande (essentiellement du bœuf, du poulet et du porc), soit fraîches, soit réfrigérées. Elle est basée à São Paulo, mais fut fondée en 1953 à Anápolis, dans l'État de Goiás. JBS possède des usines notamment au Brésil, en Argentine, aux États-Unis et en Australie, et exporte vers près de 110 pays. Elle est impliquée dans plusieurs affaires de corruption au Brésil. (source Wikipedia)


 ci dessous un article de Mars 2017 du journal belge l'Avenir présentant le scandale de la viande avariée, en Brésil mais aussi en Europe où le groupe est implanté et livre massivement: (http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170319_00976455/le-bresil-exportait-de-la-viande-avariee-pendant-des-annees-l-afsca-rassure-le-consommateur)

Un vaste réseau de commercialisation de viande avariée a été démantelé vendredi au Brésil, impliquant des inspecteurs des services sanitaires et des groupes agroalimentaires, alors que des produits cancérigènes étaient utilisés pour masquer l’aspect de produits dont certains destinés à l’export.

Ce scandale de grande ampleur touche de plein fouet un secteur clé au Brésil, premier exportateur mondial de viande bovine et de volaille, plongé dans la pire crise de son histoire, envenimée par les révélations explosives sur la corruption systématique liée aux marché publics de la compagnie pétrolière d’État Petrobras.

«Des fonctionnaires recevaient des pots-de-vin pour faciliter la production d’aliments avariés, en émettant des certificats sanitaires sans avoir effectué d’inspections», a indiqué la police fédérale (PF) dans un communiqué.

Selon les enquêteurs, «une partie des pots-de-vin était reversée à des partis politiques», plus particulièrement le PP (centre) et le PMDB (centre droit), formation politique du président Michel Temer, dont de nombreux membres sont déjà éclaboussés par le scandale Petrobras.

Fruit de deux ans d’enquête, l’opération, décrite comme «la plus importante de l’histoire» par la PF, a mobilisé 1.100 agents pour l’exécution de 309 mandats judiciaires, dont 27 interpellations, dans sept États du Brésil.

La justice a ordonné le gel d’un milliard de réais (320 millions de dollars) des comptes des entreprises visées, parmi lesquelles figurent deux géants du secteur agroalimentaire, JBS et BRF.

Les actions de ces sociétés ont fortement chuté à la bourse de Sao Paulo. Peu après 15h00 locales (18h00 GMT), les titres de JBS enregistraient un recul de 10,68%, contre 8,22% pour BRF, alors que l’indice Ibovespa était en baisse de 2,24%.

Le groupe JBS a confirmé dans un communiqué que deux usines ont été perquisitionnées, avant de souligner qu’«aucun mandat judiciaire» n’a été émis contre ses cadres.

L’entreprise assure par ailleurs «respecter scrupuleusement les normes sanitaires pour la production et la commercialisation d’aliments au Brésil et à l’étranger».

BRF «garantit» pour sa part que ses produits sont «de qualité» et «ne présentent aucun risque pour les consommateurs au Brésil ni dans les plus de 150 pays où il est présent».

Le ministre de l’agriculture, Blairo Maggi, a demandé «la mise à l’écart immédiate» de tous les fonctionnaires impliqués dans le scandale, assurant qu’il tenait à mener une politique de «tolérance zéro».

Dans le cadre de ce vaste scandale, le commissaire Mauricio Moscardi Grillo a affirmé que plusieurs petites entreprises du secteur frigorifique n’hésitaient pas à utiliser «des substances cancérigènes pour masquer l’aspect et l’odeur des produits avariés».

Selon lui, des bactéries de type salmonelle ont été retrouvées dans des produits mis en vente dans le commerce moyennant le versement de pots-de-vins.

Un container de l’entreprise BRF a été saisi dans un port d’Italie où les autorités ont détecté la présence de ces bactéries dans la marchandise, a-t-il ajouté.

La puissante Confédération Nationale Agriculture (CNA) a demandé une «enquête rigoureuse» et n’a pas caché son inquiétude quant aux répercussions du scandale.

«Ce n’est pas juste que l’image des producteurs ruraux soit souillée par les actes criminels et irresponsables de certains», a affirmé cette institution dans un communiqué.

Un porte-parole de la Commission européenne a affirmé à l’AFP que l’institution «a demandé des éclaircissements aux autorités brésiliennes», mais qu’aucune irrégularité concernant la viande brésilienne n’avait été constatée depuis 2015.

L’opération policière a été intitulée «carne fraca», en référence à une expression populaire qui évoque la faiblesse face aux «tentations de la chair».

«Cela montre la fragilité morale de nos agents publics, qui devraient veiller à la qualité de nos aliments», a résumé la police.

L’importation en Europe de viande en provenance du Brésil est régie par des règles strictes, a réagit Philippe Houdart, le porte-parole de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Il est trop tôt pour savoir si cette marchandise a été écoulée en Belgique, mais l’Afsca souligne que les importations de viande brésilienne en Belgique demeurent limitée.

Le Brésil est considéré par l’Union européenne comme un «pays tiers» en matière commerciale, ce qui signifie que des procédures spéciales sont en vigueur, précise l’Afsca. «L’exportation vers l’Europe est limitée à certaines entreprises qui doivent remplir des standards stricts. Ce sont donc d’autres règles que celles qui régissent le marché brésilien», explique M. Houdart. Ces limitations ne concernent pas uniquement les entreprises, mais peuvent également frapper une région spécifique. «Les exportations vont par exemple être interdites à partir d’une région où des cas de fièvre aphteuse ont été rapportés.»

Les autorités brésiliennes sont chargées de procéder aux contrôles sur la viande et de délivrer les certificats. «Ces services sont soumis à des audits. Si des irrégularités sont constatées, les exportations peuvent être suspendues», souligne M. Houdart.

Les cargaisons importées en Europe font l’objet d’un nouveau contrôle, dont se charge l’Afsca pour l’accès au marché belge. «Il s’agit d’abord de contrôles administratifs, comme ceux portant sur les certificats.»

Le porte-parole de l’agence n’a pas encore eu connaissance de problèmes portant sur la viande brésilienne, dont la part sur le marché belge est marginale. L’importation de celle-ci ne s’effectue pas via les ports maritimes. «Si des problèmes doivent émerger, ce sera probablement sur de la viande de poulet congelée destinée à un traitement ultérieur.»

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