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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Aspects contradictoires des choix environnementaux au Brésil; luutes environnementales et questions indigènes en phase de crise politique et économique

Publié par philippe piercy sur 28 Juillet 2017, 08:57am

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

importance du prix des matières premières dans la compréhension des évolutions de la pression sur les ressources. source Mongabay.com
importance du prix des matières premières dans la compréhension des évolutions de la pression sur les ressources. source Mongabay.com

importance du prix des matières premières dans la compréhension des évolutions de la pression sur les ressources. source Mongabay.com

Sur le site Mongabay , spécialisé dans la veille sur l'actualité environnementale, un bilan 2016  notamment sur les mesures favorables/défavorables à la protection de l'environnement au Brésil (et ailleurs): https://fr.mongabay.com/2017/03/une-annee-dans-les-forets-tropicales-2016/

Ce bilan comporte de nombreux liens vers les sources d'information.

Extraits:

Brésil

Le pays ayant plongé dans une profonde crise politique et économique, il était facile d’oublier les forêts du Brésil, et pourtant les péripéties n’ont pas manqué, y compris une forte reprise de la déforestation qui a fait passer la perte de couverture forestière en Amazonie à 7.989 kilomètres carrés pour l’année arrêtée au 31 juillet 2016. Le niveau le plus élevé depuis 2008. Les données, qui sont encore provisoires, laissent penser que le taux annuel de déforestation en Amazonie est passé à 75 pour cent de plus que son niveau de 2012, qui était le plus bas depuis le suivi annuel commencé en 1988. Bien que cette augmentation ait été annoncée bien à l’avance par le gouvernement et l’ONG brésilienne Imazon, elle a suscité des inquiétudes sur les récentes pressions pour revenir sur des réglementations environnementales. Ainsi, en décembre le parlement a tenté de faire abroger un ensemble de lois pour l’environnement juste avant la pause annuelle.

L’ambition frénétique du Brésil pour la construction de barrages en Amazonie a subi quelques reculs en 2016. En avril, le permis du barrage de São Luiz do Tapajós a été suspendu par l’IBAMA, l’organisme de régulation environnementale du pays. Le barrage, qui aurait englouti sous les eaux 400 kilomètres carrés de terres et causé la perte de 2.200 kilomètres carrés de forêt, aurait été le plus grand du bassin du Tapajós, où sont programmés jusqu’à 40 barrages. La décision de l’IBAMA a été confirmée en août. En septembre, un juge brésilien a suspendu le permis du projet de Belo Monte, le plus grand barrage du Brésil et le troisième dans le monde. Quelques semaines plus tard, Luiz Alberto Araujo, chef du service environnement du gouvernement municipal d’Altamira, était abattu. Araujo avait mené une enquête sur des morts massives de poissons à Belo Monte et il avait joué un rôle clé dans l’arrestation d’un trafiquant de bois issu de l’abattage illégal.

Plusieurs rapports et autres études ont observé l’impact des barrages dans les forêts tropicales du Brésil, y compris la spéculation sur les terres avant la construction, les risques pour la biodiversité, les inondations et la déforestation.

L’industrie brésilienne du soja a prolongé son moratoire sur la déforestation. L’accord, signé pour la première fois en 2006 après une campagne de Greenpeace, avait d’abord été renouvelé annuellement, suscitant l’inquiétude des environnementalistes qui craignaient qu’il ne soit pas renouvelé malgré son efficacité dans la diminution de la déforestation pour la production de soja en Amazonie brésilienne.

Pão de Açúcar, l’une des plus importantes chaînes de supermarchés du Brésil, s’est engagée à ne plus s’approvisionner en viande de bœuf qui serait liée à la déforestation ou produite par des travailleurs esclaves.

Sur le front de la conservation, le Brésil a reconnu les droits ancestraux du peuple Arara. sur sa terre. La nouvelle réserve indigène, nommée Cachoeira Seca, couvre 734.000 hectares. Le Brésil a également annoncé son engagement à reboiser 22 millions d’hectares, incluant la réhabilitation de 12 millions d’hectares de terres déboisées et 10 millions d’hectares de terres agricoles. Et enfin, la province de São Paulo a confié la gestion de 25 parcs nationaux au secteur privé.

Pour actualiser ces questions: un article documenté de Libération établissant le virage politico-environnemental actuel et la montée des tensions avec les communautés indigènes: http://www.liberation.fr/planete/2017/05/11/au-bresil-la-foret-fait-les-frais-du-virage-politique_1568951

extraits:

Face à ces attaques, la société civile peine à mobiliser la population. «Avec la crise politique et économique, protéger les forêts est devenu la dernière des priorités du gouvernement, ajoute Cristiane Mazzetti. Les citoyens eux-mêmes se sentent plus concernés par leur régime de retraite menacé que par le futur de l’Amazonie.» Les peuples autochtones (1,5 million de personnes au Brésil) sont devenus les figures de proue de l’activisme pour protéger l’Amazonie, où ils vivent majoritairement. Sous la bannière du mouvement Terra Livre, près de 3 000 autochtones se sont rendus à Brasília du 24 au 28 avril pour demander au gouvernement de stopper sa politique dévastatrice. C’est la plus grande mobilisation indigène depuis trois décennies.

Mais cet engagement leur coûte cher. Selon l’ONG Global Witness, le Brésil est le pays le plus dangereux pour les militants environnementaux. Entre 2010 et 2015, ils sont 207 à y avoir perdu la vie, dont 50 en 2015. La majorité sont des autochtones. Dernier exemple de cette violence, le 30 avril, 200 fermiers brésiliens ont attaqué à la machette des membres de la communauté gamela, dans l’Etat de Maranhão (nord-est). Treize d’entre eux ont été hospitalisés et certains ont perdu leurs mains et pieds.

 

voir aussi et surtout les enjeux politiques, régionaux (dans les Cerrados notamment) de la délimitation des terres indigènes, de la réorganisation de la FUNAI sous la pression du lobby "ruralista", et minier, dans le blog d'H. THéry: https://braises.hypotheses.org/1226

extrait d'une interview de l’anthropologue Beto Ricardo, l’un des fondateurs de l’Institut socio-environnemental (ISA), un chef de file des organisations de défense des droits des autochtones et des populations traditionnelles. Il raconte à un journaliste de Carta Capital (Milanes, 2013) les arrière-plans de la mobilisation rurale et des tentatives de changer la Constitution.

CC – Quelles sont les similitudes entre l’actuel mouvement contraire aux droits des Indiens et des quilombos[5] et les changements dans la législation environnementale, comme le Code forestier ?

BR – Avec la destruction du Code forestier brésilien, en 2012, les propriétaires fonciers se sont débarrassés de pratiquement toutes les obligations légales relatives à la fonction environnementale de leurs propriétés. Maintenant, ils veulent avancer au-delà de leurs propriétés afin de faire place à l’expansion de la frontière agricole par l’occupation illégale (même si elle est ensuite légalisée) des terres publiques. Cela ne va pas nuire seulement aux Indiens, mais à tout le Brésil. Ils veulent avancer sur les terres autochtones, les quilombos, les parcs nationaux, les réserves de cueillette, les lotissements de réforme agraire pour augmenter leur patrimoine […]. Rappelez-vous aussi que ces sont ces mêmes élites qui ont massacré les Indiens, naguère, et qui veulent recommencer à le faire maintenant, sont les responsables de la création de l’une des sociétés les plus inégales du monde contemporain, de l’une de ses pires concentrations de terres.

Les Indiens sont intégrés à la société nationale brésilienne, que certains le veuillent ou non, et c’est pourquoi ils manifestent à Brasilia, qui est aussi leur capitale. D’où le raccourci saisissant d’ancestrales coiffures de plumes profilées devant les dômes d’Oscar Niemeyer. Et ils sont partie prenante à ses débats, comme ceux qui ont précédé la Coupe du Monde de football Fifa de 2014 : beaucoup d’entre eux supportent la Seleção, l’équipe nationale (et ont été attristés par sa défaite en demi finale), mais beaucoup ont été aussi révoltés par ses coûts astronomiques – gonflés par la corruption – et se sont joints à d’autre segments de la société pour les dénoncer. Une preuve comme une autre de leur appartenance à la nation brésilienne, pour le meilleur et pour le pire.

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