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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Contre le "seuil temporel", le combat des Indiens du Brésil pour leurs terres

Publié par philippe piercy sur 17 Août 2017, 20:47pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Des Indiens brésiliens face à la police, lors de leur marche annuelle en faveur de leurs droit, à Brasilia, le 25 avril 2017.• Crédits : AFP

Des Indiens brésiliens face à la police, lors de leur marche annuelle en faveur de leurs droit, à Brasilia, le 25 avril 2017.• Crédits : AFP

https://www.franceculture.fr/droit-justice/contre-le-seuil-temporel-le-combat-des-indiens-du-bresil-pour-leurs-terres

extraits:

La Cour Suprême du Brésil a officiellement reconnu mercredi le droit de plusieurs tribus indiennes à occuper des terres. Une victoire importante, dans ce long combat où leur sort dépend pour une large part de l'interprétation donnée à la Constitution brésilienne de 1988. (...)

La Cour Suprême du Brésil a rejeté la demande d'indemnisation formulée par l'Etat du Mato Grosso, au cœur de la région amazonienne, pour les terres attribuées aux Indiens dans les années 60, lors de la création de deux réserves du Parc National du Xingu. Une victoire retentissante dans un combat à l'image de David contre Goliath, puisque les tribus indigènes affrontent le puissant lobby de l'agro-industrie. Une victoire, mais la bataille est loin d'être gagnée pour ces tribus, dont les droits sont régulièrement bafoués. (...)

Selon le dernier recensement, datant de 2010, 896 000 indiens de 305 ethnies vivent au Brésil, soit 0,4% d’une population totale de plus de 200 millions d’habitants. Ils occupent 12% du territoire, la plupart dans la région amazonienne, au nord du pays. Mais ces terres, censées leur être réservées par la Constitution, sont de plus en plus souvent grignotées par l’expansion agricole, dans des conflits souvent meurtriers. D'après les chiffres du Conseil Indien Missionnaire (CIMI), une ONG catholique locale, au moins 137 indiens ont été assassinés au Brésil en 2015, le total des victimes s'élève à 891 morts depuis 2003. En mai, l'ONU a dû réagir suite à une attaque de propriétaires terriens contre des indiens de la tribus Gamela. Plusieurs centaines d'hommes munis de machettes et de fusils s'en sont pris aux Indiens présents. Des affrontements provoqués à cause d'un litige autour de terres occupées par la tribu dans l'Etat de Maranhao, au nord-est du pays. (...)

"Ça veut dire que les terres indigènes peuvent être délimitées et donc protégées, seulement si une tribu d'Indiens occupait cet endroit au moment de la signature de la Constitution, en octobre 1988", détaille la chargée de campagne auprès de l'ONG. Problème, ça n'était pas forcément le cas : certaines tribus sont nomades ou d'autres avaient été expulsées de leurs terres durant la dictature militaire de 1965 à 1985. Ce concept de "seuil temporel" a même été invoqué par la Cour Suprême, lors d'une décision de 2009 sur des terres situées dans l'Etat de Roraima. Ce cas n'a pas encore fait jurisprudence mais, avec l'arrivée au pouvoir de Michel Temer, élu président par interim en 2016 suite à la destitution de Dilma Rousseff, les ONG qui défendent la cause indigène sont inquiètes. Le président de centre-droit est très proche des lobbys de l'agro-business au Brésil. Notamment, parce qu'il a besoin de députés comme ceux du Front parlementaire pour l'agriculture : Michel Temer a été inculpé pour corruption par le procureur général du Brésil, mais c'est au Parlement qu'il incombe de valider la procédure de destitution. Le 2 août, 263 des 513 députés brésiliens lui ont finalement permis d'échapper à un renvoi devant la Cour suprême.

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