Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  le blog geodatas

le blog geodatas

Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Brésil : tout comprendre à l’opération « Lava Jato »

Publié par philippe piercy sur 9 Septembre 2017, 08:50am

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

« Opération Lava-Jato : Oula ! Doucement que n’apparaissent pas d’autres noms », sur le baril de pétrole : les symboles des différents partis politiques brésiliens (PT, PMDB, PSB, PSDB, PP, Democratas…)https://classe-internationale.com/2015/08/29/bresil-dilma-dans-la-tourmente/

« Opération Lava-Jato : Oula ! Doucement que n’apparaissent pas d’autres noms », sur le baril de pétrole : les symboles des différents partis politiques brésiliens (PT, PMDB, PSB, PSDB, PP, Democratas…)https://classe-internationale.com/2015/08/29/bresil-dilma-dans-la-tourmente/

Dans Le Monde du 13/07/2017 un résumé des étapes , entre 2014 (premières arrestations) et 2017 (condamnation de Lula), du scandale "Lavajato"):

extraits:

Une étape historique a été franchie, mercredi 12 juillet, au Brésil, dans l’enquête « Lava Jato » (lavage express), le plus grand scandale de corruption de l’histoire du pays. Moins d’un an après l’« impeachment » de la présidente de gauche, Dilma Rousseff, l’ancien chef de l’Etat, Inacio Lula da Silva, a été condamné à neuf ans et six mois de prison, mais reste libre en attendant une décision de la cour d’appel.

En avril, le Tribunal suprême fédéral (TSF), la plus haute juridiction brésilienne, a annoncé l’ouverture d’une gigantesque enquête concernant au moins huit ministres du gouvernement, des dizaines de députés et sénateurs. La Cour suprême a également transmis à des juridictions inférieures les demandes d’investigation visant trois ex-présidents, Luiz Inacio Lula da Silva, Dilma Rousseff et Fernando Henrique Cardoso.

S’agit-il d’une occasion unique de « nettoyer » une fois pour toutes le système politique brésilien ? De mettre un terme à la corruption enracinée dans le pays ? D’en finir avec l’impunité qui règne au sein de la classe politique ? D’assainir le climat des affaires pollué par les liens pervers entretenus entre les secteurs public et privé ? Le Brésil s’interroge encore sur le devenir de cette enquête tentaculaire qui a mis au jour, un système de pots-de-vin orchestré par des géants du BTP pour piller les caisses du groupe public Petrobras avec la complicité des cadres de l’entreprise et de caciques politiques.

 
  • 17 mars 2014, naissance de l’affaire

Le Brésil découvre, sonné, sans connaître encore les mille et une ramifications de l’enquête, le nom de code « Lava Jato » lors d’un vaste coup de filet opéré par quelque 400 agents fédéraux. Suspectant un système de blanchiment d’argent pour des sommes atteignant 10 milliards de reals (près de 3 milliards d’euros), la justice agit simultanément dans six Etats du pays et à Brasilia, décrétant 28 placements en détention préventive et temporaire et 19 mandats d’amener.

Tout est parti d’une perquisition dans une banale station-service après une plainte, celle déposée en 2008 par un certain Hermes Magnus, patron d’une entreprise de fabrication de composants électroniques pour voitures à Londrina, opulente cité agricole de l’Etat du Parana, dans le sud du pays. L’homme accuse plusieurs personnalités locales d’utiliser sa société pour blanchir de l’argent. Parmi eux, l’entrepreneur Alberto Youssef, vieille connaissance des enquêteurs pour avoir trempé dans un scandale impliquant la banque publique Banestado. Son nom apparaît également dans l’affaire du « Mensalao », ce système de rémunérations occultes versées à quelques députés en échange de leurs votes et qui avait failli coûter, en 2006, sa réélection à Lula.
(...)

Remontant le fil de l’affaire, les enquêteurs découvrent un vaste système de pots-de-vin : afin de remporter à tour de rôle les juteux appels d’offres de Petrobras, des géants du BTP, tels OAS ou Odebrecht se sont organisés en cartel, rétribuant les cadres du groupe public pétrolier et des politiciens complices par le biais de surfacturation estimée entre 1 % et 5 % des contrats. Un système de détournement de fonds de plusieurs milliards de reais à des fins de financement de partis politiques et/ou d’enrichissement personnel.
(...)
  • Septembre 2014, le scandale s’immisce dans la campagne présidentielle

Depuis son démarrage en mars, le scandale s’est mué en une affaire gigogne qui atteint désormais le sommet du pouvoir. Dilma Rousseff, candidate pour le Parti des travailleurs (PT, gauche) à sa propre réélection au scrutin présidentiel des 5 et 26 octobre est fragilisée. Ministre de l’énergie de 2003 à 2005 et présidente du conseil d’administration de Petrobras, pouvait-elle ignorer les agissements de l’entreprise ? Les confidences de Paulo Roberto Costa, ex-haut dirigeant de l’entreprise pétrolière publique, ajoutent à la confusion.

(...)

  • Mars 2015, la liste « Janot » dévoile les ramifications politiques du scandale

Tandis que le juge de première instance, Sergio Moro, multiplie les coups de filet et arrestations visant les citoyens ordinaires, un autre « Lava Jato » s’attaque aux dirigeants politiques en exercice. Bénéficiant du statut de « foro privilegiado », ces derniers ne sont redevables que devant la Cour suprême. Une juridiction lente et surchargée. Mais en mars 2015, les voici menacés. Le procureur général de la République, Rodrigo Janot, rend publique la liste complète des 54 personnalités visées dans l’affaire, levant le voile sur l’ampleur des ramifications et circuits financiers occultes organisés de façon quasi institutionnalisée au sein des principales sphères du pouvoir brésilien.

La dénommée « liste Janot » pointe 22 députés, 14 sénateurs – soit près de 18 % de l’effectif total du Sénat –, une quinzaine de gouverneurs et anciens dirigeants politiques. Pêle-mêle, on y trouve Eduardo Cunha, alors président de la Chambre des députés, et Renan Calheiros, président du Sénat, tous deux du PMDB. Le sénateur de Rio de Janeiro, Lindbergh Farias (PT). L’ex-chef de la Maison civile (équivalent local de premier ministre) et proche de la présidente Gleisi Hoffmann (PT). L’ancien ministre de l’énergie Edison Lobao (PMDB) et le sénateur et ex-président Fernando Collor (PTB, coalition gouvernementale). C’est la tête de l’organigramme politique qui est touché.

  • Juin 2015, arrestation du « prince des entrepreneurs » Marcelo Odebrecht

Les policiers sont venus le cueillir dans sa résidence de Morumbi, quartier chic de Sao Paulo, capitale économique du Brésil. L’image de Marcelo Odebrecht, héritier et ex-patron de l’entreprise qui porte son nom, géant du BTP, les menottes aux poignets, arrêté au même moment que le président du groupe Andrade Gutierrez, Otavio Marques de Azevedo, contribuera à faire de « Lava Jato » une opération historique et à son juge, Sergio Moro, une idole. Rarement autant de cols blancs, amis des puissants, auront croupi en prison, tels des citoyens ordinaires.

(...)

  • Décembre 2015, démarrage de la procédure de destitution contre Dilma Rousseff

Impopulaire, fragilisée par le scandale qui touche son parti et une crise économique qui l’oblige à la rigueur, la présidente Dilma Rousseff est contestée à la fois par la rue et par ses pseudo-alliés au Congrès. L’un d’eux, Eduardo Cunha, président de la Chambre des députés, directement menacé par « Lava Jato » prend alors la tête d’une fronde qui se soldera, en décembre 2015, par le déclenchement d’une procédure d’impeachment (« destitution ») contre la présidente. Effectivement démise de ses fonctions en août 2016.

(...)

  • Mars 2016, et le juge Moro s’en prend à Lula…

Voilà des semaines que les « unes » de la presse s’enchaînent, évoquant l’affaire du « triplex », un appartement de trois étages situés à Guaruja, station balnéaire à une centaine de kilomètres de Sao Paulo, qui aurait été offert à l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) et à son épouse Marisa, par un groupe de BTP impliqué dans le scandale. Et soudain, le juge Sergio Moro, au sommet de sa popularité, ordonne un mandat d’amener contre Lula. Encadré de policiers, sous l’œil des caméras, l’ex-métallo adoré des classes populaires est entendu pendant plusieurs heures par les enquêteurs. Pourquoi un mandat d’amener quand l’ancien chef d’Etat se dit prêt à collaborer à la justice ? « Lava Jato » bascule-t-elle dans un show médiatique ?

Ce faux pas du juge Moro contribuera à entretenir l’idée d’une enquête à charge contre le PT et sa figure la plus charismatique.

(...)

  • Avril 2017, l’affaire éclabousse l’ensemble du spectre politique

(...)

Trois mois plus tard, mardi 11 avril, le Tribunal suprême fédéral (TSF) a annoncé l’ouverture d’une enquête visant des dizaines de personnalités politiques de premier plan. Le juge Edson Fachin, chargé de ce dossier explosif, s’intéresse à 108 personnes.

Figurent parmi elles pas moins de huit ministres de l’actuel chef d’Etat, Michel Temer, ancien vice-président de Dilma Rousseff considéré par celle-ci comme un traître et un conspirateur, ainsi que les présidents des deux chambres du Congrès, le Parlement brésilien, et les anciens présidents Fernando Enrique Cardoso, Luiz Inacio Lula da Silva et Dilma Rousseff.

 
  • Mai 2017, le président vacille

« Je ne démissionnerai pas. Je répète, je ne démissionnerai pas. » Jeudi 18 mai, après une nuit agitée, marquée par les révélations accablantes de la télévision, du quotidien et du site de Globo, groupe de médias le plus puissant du pays, Michel Temer, irrité, s’accroche. Vantant la mise en place de réformes structurelles à même, pense-t-il, de moderniser le pays, il dénonce une conspiration à son encontre.

Le chef d’Etat est suspecté d’avoir fait obstruction à la justice. Il aurait donné son aval au versement de pots-de vin visant à faire taire Eduardo Cunha, le président de la chambre des députés, condamné en mars à quinze ans de prison pour corruption. Le président a été trahi par des écoutes versées au dossier de « Lava Jato » par Joesley Batista, à la tête du groupe d’agroalimentaire JBS, mis en cause dans le scandale.

(...)

  • Juillet 2017, une condamnation historique

Mercredi 12 juillet, le juge Sergio Moro a finalement condamné l’ancien président Lula à neuf ans et six mois de prison pour blanchiment d’argent et corruption, une première dans l’histoire du Brésil. La condamnation interdit par ailleurs à M. Lula « d’exercer une fonction publique », un jugement qui réduit ses chances d’accéder à la course à la présidence en 2018.

M. Lula est reconnu coupable d’avoir accepté 3,7 millions de reals (un peu plus d’un million d’euros), dont un appartement dans une station balnéaire près de Sao Paulo, de la part de l’entreprise d’ingénierie OAS, en remerciement de son intervention pour l’attribution de contrats avec la compagnie pétrolière Petrobras.


Le 9/9/2017 Le Monde titre:

Petrobras : de nouvelles révélations qui pourraient signer le crépuscule de Lula ?

Un ancien poids lourd du Parti des travailleurs brésilien a mis en cause l’ancien chef de l’Etat et sa dauphine Dilma Rousseff face au juge anti-corruption Sergio Moro.

LE MONDE | | Par

 

Dans le milieu des distributeurs de pots-de-vin brésiliens, on l’appelait « l’Italien ». Antonio Palocci, 56 ans, poids lourd du Parti des travailleurs (PT, gauche), sera-t-il le fossoyeur de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, « père des pauvres » et à ce jour, favori de l’élection présidentielle de 2018 ?

Mercredi 6 septembre, l’ancien ministre de l’économie de Lula, qui purge une peine de 12 ans de prison pour « corruption » et « blanchiment d’argent », est passé à table. Après s’être muré de longs mois dans le silence, l’« Italien » est devenu bavard. Très bavard. Devant le juge anti-corruption Sergio Moro, il confesse que Lula a conclu un « pacte de sang » avec Emilio Odebrecht, dirigeant du groupe de Bâtiment et travaux publics (BTP) du même nom, au cœur du plus gros scandale de corruption de l’histoire du pays.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/09/09/petrobras-de-nouvelles-revelations-qui-pourraient-signer-le-crepuscule-de-lula_5183169_3222.html#x60G48gAeB1Q7PhA.99
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Articles récents