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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Ethiopie: la montagne, la religion, la pression démographique, pauvreté et conflit

Publié par philippe piercy sur 16 Novembre 2005, 00:00am

Catégories : #Hypokhâgne

A l'appui du cours, les vues ci dessous permettent de visualiser quelques éléments d'un système complexe, marqué par des crises à répétition, évoqué par Jean Gallais (Les tropiques terres de risques et de violence). La pauvreté rurale ici doit être analysée dans un quadruple contexte:
physique (la montagne, massifs élevés, tempérés et arides, du moins au nord, sensiblement moins au sud, mais aussi les sécheresses à répétition des années 70 et 80), culturel (le bastion chrétien historique, une société structurée par une théocratie et un féodalisme rural), agraire (céréaliculture peu outillée, métayage très peu rémunérateur, terres exposées à l'érosion), démographique et politique (la forte croissance de la population, la pression de la demande alimentaire et foncière, les conflits extérieurs et intérieurs, au nord et avec l'Erythrée devenue indépendante), le coup d'état militaro-marxiste de 74):

Pour  un texte synthétique et extrêmement clair sur la question, vous pouvez vous reporter au compte rendu d'un Café Géographique de 2000 où le géographe J. Gascon a présenté ce pays:

L'Ethiopie dans l'âge des extrêmes

vue d'ensemble : centrée sur le lac Tana, l'image permet de repérer le Nil Bleu et  le Nil Blanc, à l'ouest, les zones montagneuses d'Ethiopie et d'Erythrée (zones vertes et brun-vert) ; en particulier le pays Amhara (à l'est et au sud du lac Tana), les montagnes du Tigrai  (est nord est du lac)





le nord, région Amhara, vallée du Nil Bleu, très érosif, ravinement profond et fort défrichement.



le sud , montagnes plus humides, (Monts Mendebo) et piémont aride, connaissant un début de mise en valeur par de grands projets agricoles:


les hauts plateaux: à 3000 mètres, non loin de Gonder, céréaliculture (éleusine, ou "tef") en atmosphère claire et  sèche.


la montagne, au nord d'Addis Abeba, largement défrichée, aménagée pour des cultures en terrasses, enclavée au plan de l'accessibilité:


une église rurale, rappelant l'originalité et la force d'encadrement (théocratie, féodalisme agraire) du clergé, l'importance culturelle de la religion (montagne refuge, valorisation des hauteurs fraiches même sub-arides plutôt que des zones basses et chaudes).



le labour à l'araire, peu agressif sur le sol mais moins efficace agronomiquement que la charrue. Culture attelée, mais peu d'engrais animal (les bouses servent plus de combustibles dans des régions peu boisées)


Rappelons que le phénomène des montagnes refuges, lieu de densification et de particularismes culturel, d'aménagements destinés à valoriser un espace rare, se retrouve en bien des régions: Djebel Druze au Liban, Kabylie algérienne, Caucase....et aussi ouest camerounais et Afrique des grands lacs (voir les photos et images satellites dans l'article qui leur est consacré sur ce site).






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