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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Pendjab et Bangladesh

Publié par philippe piercy sur 28 Octobre 2005, 00:00am

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Dans le cadre de l'étude du monde indien et de ses agricultures, des formes de mutations agraires et agricoles en liaison avec la croissance démographique, les besoins alimentaires, les politiques d'intensification, vous trouverez ci-dessous des documents sur le Pendjab, partagé entre l'Inde et le Pakistan puis sur la basse vallée du Gange, entre Bengale indien et Bangladesh.

Rappelons l'importance de consulter ces documents avec un atlas afin de situer les lieux concernés.

Le Pendjab: il est l'archétype d'une région transformée par l'irrigation, dans un cadre quasi-pionnier à partir de l'entre-deux guerres et surtout après la seconde guerre mondiale. Les principaux éléments qui en ont fait un grenier à blé, exportateur, une puissante région sucrière, sont:
-la pression démographique et foncière relativement faible,
-la ressource représentée par les cours d'eau himalayens s'écoulant dans une région à faible pluviosité,
-les programmes de révolution verte, qui se sont adressés à des paysans pionniers, issus de castes d'agriculteurs et surtout de la puissante minorité Sikh.
-Cette paysannerie sikh est particulièrement entreprenante, et  non concernée par le blocage socio-foncier que peuvent représenter les castes hindouistes lorsque elles sont les castes dominantes en matière de propriété foncière;
Les transformations paysagères sont exprimées par le damier de sparcelles irriguées tranchant sur les régions arides. 
Néanmoins c'est aussi une région aujourd'hui très fortement affectée par les impasses sociales, les conséquences environnementales inquiétantes, liées aux programmes d'intensification (voir l'article de l'Express). 
En complément, deux vues de la vallée de l'Indus  font contraster encore plus les déserts du Thal et du Thar  et la plus vaste oasis du monde, par le développement de l'irrigation dans la vallée de l'Indus.

1/Vue d'ensemble de l'ouest du Pendjab, entre Lahore et la vallée de l'Indus, séparés par le désert du Thal; au sud, la confluence Jehlum-Sutlej et Sutlej-Indus; les barrages -notamment celui de Kundian, sur l'Indus, et les vallées, les canaux qui les relient, conditionnent totalement l'agriculture et le peuplement. A l'extrême sud-ouest, le littoral non loin de Karachi.





2/ Une centaine de km au sud de Lahore, sur la vallée de la Sutlej  (une des grandes rivières qui donnent son nom au Pendjab, le pays des cinq rivières); la vallée elle même fait frontière entre Inde et Pakistan; elle est peu mise en valeur; en revanche les bas plateaux encadrants sont  très occupés, trè vite du côté pakistanais,  le côté indien  étant peu irrigué (plus élévé; teintes brunes et roses) immédiatement  à l'est de la rivière mais le devenant  intégralement (teintes vertes sur la bordure est de l'image).


3/ Au nord de Firozpur, on remarque la netteté de l'effet-frontière; celle-ci (en jaune) fait ici un décrochement; un grand barrage sur la Sutlej permet de constituer un grand lac où parvient un large canal  (le Sirhind canal) qui vient d'un  autre lac artificiel 150 km à l'est-nord-est (Ludhiana et Govind sagar).





4/ vue plus précise du barrage de Kundian, sur l'Indus,  proche de Mihawali, à deux cents km au sud de Peshawar, et autant , à l'ouest, de la frontière afghane. On devine le paysage géométrisé des secteurs d'irrigation, maillés par les canaux secondaires et tertiaires. C'est ce lac que l'on voit, de beaucoup plus haut sur la vue d'ensemble au début de cette série.






La basse vallée du Gange, le delta du Gange et du Brahmapoutre: région elle aussi partagée par une frontière, elle illustre le cas des très fortes densités fondée sur la riziculture (inondée plus souvent qu'irriguée; les précipitations sont très abondantes et les fleuves sont particulièrement peu maîtrisables); ces densités sont souvent associées à la pauvreté de masse.
Celle-ci se traduit par une très forte proportion de micro-exploitations peu ou pas viables, très précaires face aux insécurités climatiques, économiques, voire politiques (nombreux fermiers et métayers, endettement fréquent, non solvabilité , absence de surplus commercialisables...), de sans-terres louant leurs bras à vil prix aux exploitations d'entrepreneurs agricoles modernistes. Ceux-ci sont souvent héritiers des grands propriétaires fonciers qui le sont devenus par des accaparements de terre par les percepteurs d'impôts sous les dynasties mogholes (régime des Zamindars, sortes de fermiers de l'impôt percevant celui-ci sur un territoire donné, et  qui ont constitué de grands voire très grands domaines en saisissant les terres des paysans insolvables).
Un autre facteur de profondes inégalités soci-économiques, dans la partie hindouiste notamment, donc en Inde, est le poids dominant des castes de brahmanes dans la maîtrise de la terre, conduisant à une exploitation indirecte de celle-ci, donnée en fermage (mais souvent un métayage, bien qu'il soit illégal) à des micro-exploitants.
 Au Bangladesh, les fréquents cyclones, surtout lorsqu'ils coincident avec la crue des fleuves, dans un delta très bas,  la guerre de 1971, ont tendu particulièrement la situation agraire. Néanmoins, cette extrême pauvreté a aussi fait de ce pays un lieu d'expérimentation comme en matière de micro-crédit, malgré les dérives de la Grameen Bank (voir l'article du Monde Diplomatique sur la paupérisation).


1/Vue d'ensemble du golfe du Bengale, de la moyenne et basse plaine du Gange, séparée de l'Himalaya par les collines e tla jungle du Teraï.



2/ La partie la plus basse du delta, est partiellement recouverte d'une épaisse jungle souvent amphibie, les Sundarbans, domaine des récolteurs de miel, des tigres, des paysans pauvres tentant d'exploiter des terres basses et médiocres (salines), parfois sur des terres appropriées par les grands propiétaires (Zamindars).


3/ carte des précipitations en  juin: la mousson remonte du sud est vers le nord ouest de l'Inde, en s'affaiblissant; la plaine du Gange est encore peu arrosée, à la différence de la chaine himalayenne; au sud, seul la façade ouest eest arrosée (le Kerala notamment); le Deccan est peu ou pas arrosé; le gros des pluies interveint en juillet -aout, voire en septembre sur la façade est du Deccan.



4/ La riziculture est ici inondée (pas de contrôle de l'eau dans les rizières; les précipitations sont le plus souvent suffisantes; les "breaks" de la mousson peuvent cependant être très dommageables aux cultures); le repiquage est visible et permet la double récolte, surtout par si des variétés à croissance rapide peuvent être utilisées.




5/ Les inondations sont fréquentes et, jusqu'à un certain point, intégrées par les populations (utilisation de variétés de riz flottant, dont la tige s'allonge à mesure de la lente montée des eaux);  néanmoins la conjonction crue/cyclone/fortes pluies, est fréquente et catastrophique (destructions des maisons et des récoltes, noyades,  mortalité par morsure de serpents, chassés vers les mêmes refuges, de rares tertres émergés, que les hommes).

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