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  le blog geodatas

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Eléments complémentaires aux cours de Philippe Piercy, professeur de géographie en Classes préparatoires littéraires, Lycée Berthollet (74).


Une réserve de biosphère dans la région centrale du Chili:

Publié par philippe piercy sur 6 Avril 2012, 20:35pm

Catégories : #programme de Khâgne tronc commun

Dans la revue (en ligne:  http://mappemonde.mgm.fr/num33/articles/art12103.html ) un article de

  • Jérôme Pelenc    et  Sébastien Velut qui montre les enjeux de la délimitation d'une réserve UNESCO dans la région centrale du Chili ;  ce texte peut être rapproché de celui sur les territoires "rurables" et témoigne d'une situation de confrontation/conciliation entre logiques de protection et logiques de marché dans une région métropolitaine où les sensibilités "écologiques" vont de pair avec la hausse des niveaux de vie, la recherche de cadres de vie péri-urbains remarquables.
  • extraits:

La macro-région métropolitaine

La zone centrale du Chili représente 55% du PIB en 2010 (Banque centrale du Chili) et 56% de la population nationale (recensement 2002, INE). Elle comprend quatre régions administratives dont les plus importantes en termes de production de richesse, de pouvoir décisionnel et de population sont la région de Valparaiso et la «Région Métropolitaine» où se trouve Santiago du Chili (6 millions d’habitants). L’agglomération de Valparaiso-Viña del Mar (un million d’habitants) sur la côte Pacifique est à une heure seulement de la capitale dont elle constitue le port de commerce (Valparaiso) et la station balnéaire (Viña del Mar). La ligne ferroviaire régionale entre Valparaiso et Limache à l’intérieur de la vallée du Marga-Marga connecte les pôles secondaires de Quilpué, Villa Alemana et Quillota, comptant chacun entre 80 000 et 150 000 habitants. L’influence métropolitaine se fait donc sentir jusque dans les vallées de la cordillère de la Côte qui culmine à 2200 m (cerro El Roble). On peut donc parler d’une macro-région métropolitaine fonctionnelle au centre du pays et traversée par un espace montagneux, la cordillère de la Côte, sur laquelle s’appuie la réserve de biosphère (fig. 1).

Le climat méditerranéen de la macro-région métropolitaine de Santiago-Valparaiso, sa biogéographie et sa géomorphologie ainsi que son empreinte anthropique, qui date de bien avant la colonisation espagnole, en font, d’après les ONG environnementalistes un «point chaud» [3] de biodiversité représentatif à l’échelle mondiale, mais très vulnérable. Par ailleurs, les espaces ouverts de la cordillère de la Côte constituent un véritable poumon vert pour les 8 millions d’habitants de cette macro-région métropolitaine qui connaît de graves problèmes de pollution atmosphérique.

Or, le développement économique rapide du Chili, dont le PIB a augmenté de 85% entre 1995 et 2009 [4], s’est fait sans grande considération pour l’environnement biophysique (OCDE, 2005), du fait notamment de l’extension des espaces urbanisés, du développement des résidences secondaires et des pressions sur les milieux naturels. La macro-région combine donc fragilité environnementale de type méditerranéen (précipitations extrêmement variables, fortes pentes, incendies) et pression anthropique (urbanisation, agriculture commerciale, infrastructures). (...)

Ainsi, en limite nord du parc (fig. 3) se trouve la réserve écologique privée Oasis La Campana fondée en 1997 (commune de Hijuelas, région de Valparaiso). Il s’agit d’un projet immobilier à dimension environnementale, lancé par des investisseurs privés. Ayant acquis en 1996 un lot de 2 500 ha limitrophe du parc de La Campana, ce groupe y installe un lotissement destiné à la clientèle aisée de Santiago. Mille hectares sont réservés à la conservation du palmier chilien et au cortège floristique qui lui est associé. Une fondation «Pour la restauration et le développement du palmier chilien» (aujourd’hui PALMA, Protección Al Medio Ambiente) a été créée par les propriétaires de la réserve privée. Un contrat a été signé entre la CONAF (qui gère le parc de La Campana) et la Fondation PALMA pour le reboisement des alentours du parc national (sur le territoire de la réserve privée), la remise à la CONAF de plants de palmier chilien issus des pépinières de la réserve et de graines ramassées par la communauté locale, rémunérée pour cette tâche. À travers un programme d’éducation et de renforcement des capacités organisé par la fondation PALMA, la communauté locale du secteur d’Ocoa, où pousse le palmier, a appris à cultiver cet arbre, favorisant ainsi le lent processus de renouvellement de l’écosystème. Les jeunes plants de palmier sont replantés ou proposés à la vente ainsi que nombre de plantes autochtones. Cependant, en 2006, seulement 2 ha avaient été reboisés alors que le contrat fixe un objectif de 600 ha en 2011.

En jouant sur l’image du parc et de son arbre emblématique, l’Oasis La Campana attire de jeunes acquéreurs urbains voulant disposer d’une résidence secondaire (Velut et al., 2009). Cette initiative n’est pas isolée, on en recense plusieurs autres localisées dans la zone tampon ou l’aire de transition. Elles sont le fait d’entrepreneurs qui mettent en place des résidences écologiques, de l’agriculture biologique (certifiée parfois par des organismes étrangers) ou même des activités combinant les deux (résidences secondaires avec production écologique d’avocats par exemple). Ces initiatives ne sont pas totalement écocentrées ou désintéressées, mais profitent aussi de la nouvelle demande des classes moyenne et aisée de Santiago et de Viña del Mar qui cherchent dans ces territoires une qualité environnementale que n’offrent plus les grandes villes (Faliès, 2008; Velut, Faliès, 2008).

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